Re: Qui veut la mort de l'ancien Premier Ministre d'Haiti
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Re: Qui veut la mort de l'ancien Premier Ministre d'Haiti         

Group: soc.culture.haiti · Group Profile
Author: annick
Date: Jul 22, 2006 13:33

-Bon! reprenons le problème depuis le début
-Haïti est la proie des chimères(les commerçants de la drogue)
-Candide:"qui consomme cette drogue?"
-En majorité les nantis de partout qui doivent travailler dur à la
bourse et dans l'immobilier...parce que c'est plus cher que le pain.
-Candide :"Qui gouverne ce commerce?"
-....
-Candide:"Mais il faut avouer que ce sont les consommateurs les
coupables.
Parce que si tu arrêtes d'acheter ,il n'y a plus de vendeurs!"
Pareil pour les armes !
-Ben oui !Tous complices ,les vendeurs et les acheteurs des
poisons(drogues et armes)
Note du traducteur :Et tous prient le Bon Dieu.....
jafrikayiti@hotmail.com ha escrito:
> Cette lettre que nous reproduisons ci-dessous a été écrite par
> l'ex-Premier ministre Yvon Neptune à l'adresse de l'ambassadeur
> des Etats-Unis James B. Foley pour rappeler à celui-ci les
> circonstances entourant le coup d'État du 29 février 2004 et
> particulièrement le rôle joué directement par Foley lui-même pour
> déstabiliser la démocratie et le gouvernement constitutionnel du
> président Aristide. La partie en italique dans le corps du texte,
> s'adressant de façon particulière à James B. Foley, a été
> rédigée en anglais; nous en donnons notre traduction pour les parties
> les plus significatives*.
>
>
> Mise au point de l'ex-Premier ministre Yvon Neptune
> Pénitencier National, Port-au-Prince, Haïti
> 23 août 2004
>
> Monsieur James B. Foley
> Ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique
> En ses Bureaux
>
> Monsieur l'Ambassadeur,
>
> Au moment où le Gouvernement de facto et les anti-Lavalassiens de tout
> bord s'ingénient à toutes les duperies en vue d'occulter
> aujourd'hui les vraies origines du délabrement de mon Pays et du
> cercle vicieux de la misère infra-humaine qui entretient et perpétue
> l'exclusion violente de la majorité de la population, je saisis
> l'occasion pour vous compléter, s'il y a lieu, mon point de vue
> sur les événements du 29 février 2004, en l'occurrence sur ce qui
> m'a été présenté comme la démission du Président Jean-Bertrand
> Aristide et qui a guidé mes actes subséquents de Premier ministre
> jusqu'au 12 mars, et de citoyen du 12 mars à ce jour.
>
> Le samedi 28 février 2004, suite à des informations relatives à des
> dispositions qui seraient prises par le gouvernement des Etats-Unis de
> concert avec ceux de la France et du Canada pour sortir d'Haïti le
> président Jean-Bertrand Aristide, je vous ai invité à me rencontrer
> à la Primature.
>
> Au cours de notre entretien, je vous ai expliqué que les transferts
> constitutionnels et pacifiques de pouvoir qui ont eu lieu en février
> 1996 et 2001 sont des acquis démocratiques qui seraient renforcés par
> une passation du même genre en février 2006 ; et que tout départ
> forcé du Président Aristide ferait reculer le pays et le processus
> démocratique d'au moins dix (10) à quinze (15) ans. J'ai
> réitéré la position que j'ai prise, publiquement peu de jours
> avant, face à la Nation et au reste du monde, à savoir que le
> Président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide doit terminer son
> mandat de cinq (5) ans et que la Communauté internationale a le devoir
> d'aider le gouvernement à mater l'agression armée de militaires
> de l'ancienne FADH contre l'Etat Haïtien; que je serais en
> opposition à tout gouvernement issu de l'interruption, par la force,
> de l'ordre constitutionnel, et que si le Président choisissait de
> démissionner ce serait une tout autre affaire, je gèrerais les
> affaires courantes jusqu'à la nomination de mon successeur.
>
> Durant la nuit du 28 au 29 février, dans des circonstances insolites,
> le Président Aristide m'a, en deux ou trois mots sibyllins au
> téléphone, présenté les choix suivants, de laisser ou de rester; me
> souvenant de la teneur de notre réunion de la veille à la Primature,
> je vous ai téléphoné afin de savoir de quoi il s'agissait
> réellement. Vous m'avez informé que le Président avait
> démissionné et était sur le point de laisser le pays; vu l'ombre
> de carnage qui planait sur la capitale, vous m'avez recommandé de me
> rendre à la Primature.
>
> Peu de temps après mon arrivée au bureau, vous vous y êtes
> présenté en compagnie du Président de la Cour de Cassation qui m'a
> tendu la «carte» qu'il m'a assuré être un document conforme de
> démission du Président de la République.
>
> Voilà donc la pièce, apparemment à conviction, qui a déclenché la
> mise en application partielle de l'article 149 de la Constitution et
> le vote des Résolutions 1529 et 1542 du Conseil de Sécurité des
> Nations Unies, et de plus l'entente des puissances étrangères de
> tutelle et de la Plate-forme anti-Aristide/anti-Fanmi Lavalas
> d'imposer dans un contexte politique imprévu, adultéré et
> inapproprié, la mise en œuvre du Plan d'Action de la CARICOM et du
> Projet d'Accord initial qui ne sont que des documents en attente de
> finalisation et d'approbation par toutes les parties concernées.
>
> Quand de la République Centre Afrique étant, le Président Aristide a
> fait savoir qu'il a été enlevé d'Haïti, et quand dans une
> déclaration, la CARICOM a proposé qu'une enquête soit menée sur
> les conditions du départ du Président Aristide, je vous ai demandé
> de m'éclairer, et sur l'affirmation du Président, et sur les
> inquiétudes de la CARICOM ; Vous avez tenté de me convaincre que le
> Président a laissé le pays de son plein gré. Mais à l'analyse,
> certains actes, événements et/ou déclarations, avant et après le 29
> février ont tendu à corroborer les accusations du Président Aristide
> et à justifier les interrogations de la CARICOM :
>
> Avant le 29 février 2004
>
> · Les déclarations quasi simultanées du Secrétaire d'Etat Colin
> Powell, du Premier ministre du Canada Paul Martin et du Ministre des
> Affaires étrangères de la France Dominique de Villepin signifiant au
> Président Aristide de se préparer à subir les conséquences de ses
> actes, au moment où l'opposition armée occupait ou menaçait
> d'occuper nombre de villes du Nord, Nord-Est, Nord-Ouest,
> l'Artibonite et le Plateau Central.
>
> · L'exigence, tolérée sinon appuyée par les pays soi-disant Amis
> d'Haïti, de la Plate-forme de l'opposition du départ
> d'Aristide, malgré l'accord total de ce dernier au Plan d'Action
> de la CARICOM.
>
> · La large diffusion par la Presse dite indépendante d'une
> déclaration pré-enregistrée de M. Hérard Abraham basé aux
> Etats-Unis, appelant au départ du Président Aristide. (M. Abraham,
> candidat malheureux au poste de Premier ministre, est maintenant
> ministre de l'Intérieur, des Collectivités Territoriales et de la
> Défense Nationale).
>
> · Le silence et/ou l'inaction des Pays soi-disant amis face aux
> assassinats de Policiers et de Fonctionnaires de l'Etat, de
> destructions de Commissariats et autres bâtiments publics, perpétrés
> par les militaires des anciens FADH et FRAPH.
>
> · La décision des autorités américaines de dissuader les agents
> privés américains engagés pour la sécurité du Président Aristide
> de se risquer à le défendre dans l'éventualité de l'attaque
> annoncée par les «rebelles», car les forces américaines ne
> viendraient pas à leurs secours au cas où leur vie serait menacée.
>
> · Votre demande publique aux soi-disant «rebelles» de reporter leur
> attaque contre la capitale, alors que peu de temps après, le
> Président Aristide laissait le pays pour l'exil dans un avion
> commandé par le gouvernement des Etats-Unis.
>
> Après le 29 février 2004
>
> · L'allégation faite par vous et par d'autres membres du
> Gouvernement américain que le Président Aristide a été déplacé
> d'Haïti en vue de lui sauver la vie, et le fait qu'il en ait,
> semble-t-il, profité pour confier sa «carte» de démission à
> l'Ambassadeur des Etats-Unis (ou un de ses représentants) qui l'a
> remise au Président de la Cour de Cassation qui, selon ses dires,
> était en attente à l'Ambassade pour raison à lui inconnue.
>
> · Le fait que, d'après le Président Aristide, il n'eut pas la
> liberté de savoir au préalable l'endroit où ses «sauveurs» le
> conduisaient pour sa sécurité.
>
> · Le libre champ laissé aux «rebelles» pour pourchasser et
> exécuter des partisans de Fanmi Lavalas alors que les forces
> américaines, françaises, canadiennes et chiliennes étaient
> déployées dans le pays; la situation n'a pas changé avec la
> présence des Casques bleus de l'ONU.
>
> · La pression exercée par vous le 12 mars et qui m'a forcé à
> laisser prématurément la Primature où j'étais enfermé depuis le
> 29 février sans qu'aucune disposition n'ait été prise pour me
> loger, compte tenu, de la destruction et de la mise à sac, le 29
> février, de la maison où je logeais.
>
> · Votre insistance, dès le 12 mars jusqu'à ce jour, pour que je
> laisse le pays pour des raisons de sécurité alors que les marines
> étaient sur place durant plus de trois (3) mois et que sont arrivées
> ensuite les Forces des Nations Unies.
>
> · Les arrestations illégales et les exécutions de Membres de Fanmi
> Lavalas par la Police Nationale, de concert avec les «rebelles»
> assassins armés et d'autres criminels opposés à Lavalas, en
> collusion avec et/ou jouissant de l'indifférence et/ou de
> l'inaction de la Force Multinationale (FIMIH) et de la MINUSTAH.
>
> · Les manœuvres des «rebelles» et d'autres militaires
> démobilisés de contrôler, sinon d'évincer la PNH, ce, sous
> l'instigation ou la direction du gouvernement de facto en apparente
> liaison avec des Agences intéressées du Gouvernement américain et
> des groupes de commerçants et affairistes haïtiens et de politiciens
> qui avaient appuyé et financé le coup d'Etat militaire du 30
> septembre 1991.
>
> · L'absence de plans et mesures concrètes pour désarmer les
> militaires de l'ancienne FADH et les membres de l'ancien FRAPH qui
> se sont identifiés comme les auteurs des assassinats à Pernales, des
> attaques portées contre l'Académie de Police le 28 juillet 2001 et
> le Palais national le 17 décembre 2001, des incendies et destruction
> de commissariats où ils ont tué des policiers et libéré des
> prisonniers de droit commun.
>
> · La stratégie ouverte du pouvoir de facto et des gouvernements
> américain, français et canadien d'imputer au gouvernement
> constitutionnel majoritaire et à Fanmi Lavalas qui l'a voté, tous
> les désastres politiques, sociaux, économiques et environnementaux
> engendrés durant deux (2 siècles au cours desquels s'alternaient et
> se succédaient des périodes ;
> i. d'ostracisme raciste d'Haïti indépendante par certains Etats
> esclavagistes d'Amérique et d'Europe,
> ii. d'impositions par intimidations militaires, d'indemnités
> frauduleusement établies par des puissances étrangères,
> iii. de spoliation des richesses du sol et du sous-sol,
> iv. d'occupations étrangères à visée hégémonique, de domination
> et d'exploitation économiques.
> v. de collusion de l'International avec les dictatures les plus
> féroces, corruptrices et destructrices de la Nation haïtienne.
>
> Les ennemis d'Aristide et les adversaires de Fanmi Lavalas
> prétendent que le «départ» du Président le 29 février 2004 est le
> résultat d'un soulèvement général par le Peuple haïtien. M.
> Gérard Latortue glorifie les pires bourreaux de l'ancienne FADH et
> du FRAPH de «combattants de la liberté»; et ces derniers exigent
> qu'ils soient récompensés et/ou réhabilités pour services rendus
> à la «cause de la démocratie»; et vous, M. l'Ambassadeur, vous
> croyez de bon ton de rappeler à ces nostalgiques de l'ancienne FADH
> corrompue, putschiste et abhorrée par le Peuple Haïtien, leurs
> promesses de déposer les armes une fois le Président Aristide parti.
>
> La démocratie n'est pas un produit de laboratoire ou de manufacture
> à consommer à coup d'intimidations, de diktats et/ou de sanctions;
> elle est plutôt un jeu de compromis et/ou d'entente, des fois
> difficile et pénible certes, au sein d'une collectivité humaine en
> quête d'harmonie, de sécurité et de paix pour le progrès de tous.
>
> Dans ce contexte, tout différend réglé par la violence des armes ou
> par toute autre forme de violence, au profit des intérêts d'une
> minorité intransigeante dans sa soif de pouvoir, crée un dangereux
> antécédent qui risque d'encourager la remise sans cesse en
> question, sinon de détruire les acquis, à améliorer bien sûr, de
> l'apprentissage de la démocratie. «Il n'est de démocratie que
> dans la mesure où elle est en création continue.»
> En effet, après avoir maintenu trois (3) années de violence
> impitoyable de sanctions injustes, injustifiées et dévastatrices
> contre la terre d'Haïti et la majorité pauvre de ses enfants, le 29
> février 2004, en l'année du Bicentenaire d'Haïti, votre
> gouvernement socio-darwiniste, en accord avec ceux revanchard de la
> France et suiviste du Canada, s'est servi une fois de plus de la
> violence des armes pour dépouiller la majorité du Peuple d'un de
> ses acquis démocratiques fondamentaux, le respect de ses choix
> constitutionnels.
>
> Votre gouvernement et d'autres prétendent se soucier et même être
> des amis d'Haïti et du Peuple haïtien, mais la vie passée et
> présente de mon pays révèle tant d'expressions assez troublantes
> et même révoltantes de ce qu'ils considèrent être du souci et des
> marques d'amitiés.
>
> Malheureusement, d'une part, les élites intellectuelles s'en
> insurgent par voie de textes, d'autre part, les élites économiques
> s'y accommodent en «partenaires» et/ou en consuls honoraires
> modèles et fiables.
> Comme ces élites se méfient toujours des aspirations et surtout de
> l'organisation dynamique de la majorité déterminée à jouir de ses
> droits, elles se rapprochent instinctivement et s'entendent, sur la
> base de préjugés communs, pour freiner l'avance de la majorité, et
> en se moquant même de la Constitution et de la loi. Leurs
> comportements, leurs positions et actions durant les trois (3) ans de
> leur opposition au Président Aristide et à Fanmi Lavalas en sont des
> preuves plus que convaincantes.
>
> En définitive, tout un ensemble d'éléments de différents ordres
> semble contredire la version de la démission volontaire du Président
> Aristide. Le doute sur les conditions de son départ est tellement
> lourd, que la CARICOM ne s'est pas encore résolu à reconnaître le
> gouvernement par intérim; l'Union Africaine a adopté une position
> similaire, tandis que le gouvernement de l'Afrique du Sud considère
> Jean-Bertrand Aristide le président constitutionnel d'Haïti où la
> majorité qui l'a élu réclame sans cesse son retour.
>
> Il est aussi important de tenir compte de la confusion et de
> l'incertitude politiques, des risques d'explosion et de
> déchirements sociaux créés par la démission suspecte d'un
> président auquel la majorité s'identifie et sur qui elle fonde ses
> espoirs de vie meilleure dans une Haïti de justice, d'équité et de
> sécurité.
>
> Haïti a connu une période de relative stabilité; du retour du
> Président Aristide le 15 octobre 1994, en passant par les cinq ans de
> la présidence de M. René Préval, jusqu'en janvier/février 2004
> début de la 4ème année du second mandat du Président Aristide.
> L'attaque armée contre l'Académie de Police le 28 juillet 2001 et
> celle du 17 décembre 2001 contre le Palais National et les réactions
> de violences populaires ponctuelles qui s'en sont suivi, les
> agressions armées à Pernales et les actes de vandalisme contre la
> Centrale Electrique de Péligre au cours de l'année 2004, toutes ces
> tentatives de l'opposition armée pour déstabiliser l'Etat n'ont
> pas affecté le cours des négociations relatives au projet
> d'élections législatives et locales anticipées. Il est à noter
> que ces attaques armées étaient exécutées par des militaires des
> anciens FADH et FRAPH, artisans du coup d'Etat du 30 septembre 1991
> qui s'étaient réfugiés en République dominicaine; certains
> d'entre eux étaient déjà condamnés par la justice et d'autres
> recherchés pour trafic, entre autres, de stupéfiants et/ou terrorisme
> international.
>
> La situation politique s'envenima quand, durant les mois de janvier
> et février 2004, ces terroristes de l'opposition, tolérés ou
> appuyés par votre Gouvernement et d'autres, lancèrent une campagne
> d'assassinats de policiers, de destruction de commissariats et
> d'autres édifices publics et de contrôle armé de certaines villes
> du pays.
>
> La violence des trois (3) années de sanctions économiques a
> accéléré la dégradation générale de toutes formes de vie en
> Haïti et cela de façon irréversible dans certains milieux essentiels
> et fragiles; pourtant elles n'ont en aucune manière assoupli
> l'extrémisme de l'opposition dans le sens du compromis sans cesse
> encouragé et appuyé par le Président Aristide et Fanmi Lavalas.
>
> Comme la majorité du peuple est resté fidèle à ses choix et que les
> manifestations de rue de l'opposition sont restées l' expression
> de la minorité et sans effet d'entraînement sur la majorité, les
> gouvernements des Etats-Unis, de la France et du Canada pour les
> raisons déjà indiquées n'avaient d'autre alternative que le
> recours à la force des armes aux fins de décapiter et démanteler
> Fanmi Lavalas, quels qu'en soient les dégâts humains et matériels
> que devaient subir Haïti et son Peuple.
>
> Les «rebelles», militaires de l'ancienne FADH et les tortionnaires
> de l'ancien FRAPH étaient la couverture idéale, vu leur histoire
> notoire d'assassins sans foi ni loi et l'opportunité qu'il leur
> était ainsi offerte de se venger du Président Aristide. L'objectif
> de la brutale déstabilisation une fois atteinte, les marines
> américains, les troupes française, canadienne et chilienne
> viendraient tenir les «rebelles» en respect, juste le temps de mettre
> en place un gouvernement de transition», et les forces de l'ONU se
> chargeraient de gérer la suite.
>
> En dépit des propagandes visant à rassurer la population des progrès
> de la «transition», il s'avère que ce coup de Jarnac a transformé
> l'environnement social, politique et économique en un vaste champ de
> bataille larvée où chaque force d'intérêt se positionne tout en
> s'assurant de miner chaque pouce de terrain de l'autre.
>
> Avant le 29 février 2004, il était question de la majorité du Peuple
> haïtien liée à Jean-Bertrand Aristide/Fanmi Lavalas qui dérange,
> des autres de la minorité «amis d'Haïti». Aujourd'hui, il est
> question de clans de la minorité disparate, certains du pouvoir,
> d'autres en marge et/ou en mal de pouvoir, et des «amis
> d'Haïti», et de la majorité du Peuple haïtien toujours liée à
> Jean-Bertrand Aristide/Fanmi Lavalas sous le boisseau, mais qui ne
> cesse de déranger.
>
> Pendant qu'il est encore temps, ne faudrait-il pas que les vrais amis
> d'Haïti, au sein de l'OEA, de l'ONU et de l'Union européenne
> exigent que soit stoppé le génocide déclenché le 29 février 2004
> et qui progresse sous couvert d'une «transition» qui tente
> ouvertement de cacher son vrai nom? La feuille de route d'un
> compromis national pour le progrès du processus démocratique était
> proposée par la CARICOM et entérinée par l'OEA; le Président
> Jean-Bertrand Aristide, Fanmi Lavalas avec l'appui la Majorité du
> Peuple haïtien l'avaient approuvée et étaient prêts à
> l'exécuter.
>
> Durant plus de trois (3) mois, les marines américains, les forces
> françaises, canadiennes et chiliennes de la FIMIH ont opéré de telle
> sorte que s'ouvrent des perspectives de remise d'Haïti et de son
> Peuple dans le carcan d'un militarisme en sous-main.
>
> Les forces de la MINUSTAH ont pris la relève dans le but,
> prétendent-elles, de stabiliser un environnement socio-politique dans
> lequel la puissance des armes avait pris le pas sur la raison et la
> sagesse du jeu démocratique. Le Peuple haïtien, dans sa grande
> majorité, s'est volontairement et librement engagé à façonner des
> structures institutionnelles durables pour la pratique de la
> démocratie; il a noté au cours des trois (3) dernières années
> comment des puissances au sein de l'OEA, de l'ONU et de l'Union
> européenne se sont liguées en vue de viabiliser, par n'importe
> quelles astuces politiciennes anti-démocratiques, voire malhonnêtes,
> une opposition marginale et éparpillée, jusqu'à faire silence sur,
> sinon cautionner ou même inclure dans leurs démarches, la pression
> des armes pour aboutir à leurs fins.
>
> Les résolutions 1529 et 1542 du Conseil de sécurité de l'ONU
> autorisait la FIMIH et la Minustah pour la promotion de la paix et la
> stabilisation, et celle de l'OEA reconnaissant le gouvernement de
> facto Alexandre/Latortue ont été prises sur la base de dossiers qui
> seraient normalement crédibles, parce que portant le sceau
> d'autorités de l'Etat qui ont agi; par contre, ce que l'ONU et
> l'OEA doivent savoir, c'est que ces autorités haïtiennes ont agi
> à un moment et dans des circonstances où elles ne pouvaient dépendre
> que de votre confirmation et assurance de la véracité des faits
> concernant le Président Jean-Bertrand Aristide, le matin du 29
> février 2004.
>
> A l'analyse, toutes les résolutions de l'OEA sur Haïti relatives
> à la problématique des élections du 21 mai 2000, et du Plan
> d'Action de la CARICOM semblaient affirmer l'impérieuse obligation
> de garantir les acquis démocratiques et le progrès continu du
> processus; l'appartenance des acteurs et la période où
> l'agression armée de l'opposition a pris le caractère d'une
> guerre déclarée contre l'Etat, auraient dû déclencher l'alarme
> du côté de l'OEA, des «amis d'Haïti», et même de l'Onu pour
> que des actions préventives fussent prises, pour que les exigences de
> la construction et de la protection de la démocratie soient
> respectées et appliquées par toutes les parties concernées.
>
> Les concepteurs, les réalisateurs et les bénéficiaires du coup
> d'Etat du 29 février 2004 utilisent toute une série d'artifices
> de culpabilisation de Fanmi Lavalas, et de promesses dans tous les
> domaines, dans l'espoir de pouvoir coopter sans l'inclure, la
> majorité d'une population brutalement coupée du symbole motivant sa
> patience et sa mobilisation participante aux efforts et sacrifices,
> porteurs d'amélioration dans ses conditions de vie.
> Le pouvoir en place, ses encadreurs internationaux et les secteurs
> nationaux qui s'organisent pour en tirer toutes les parties
> possibles, ils feignent tous d'ignorer l'évolution de la
> majorité, relative à sa connaissance et à sa volonté de jouir de
> ses droits; ou peut-être voudraient-ils se conforter dans la
> perspective pourtant aléatoire, que l'épouvantail des militaires
> des anciens FADH/FRAPH, les forces de l'ONU, où les tours de
> passe-passe du gouvernement et de l'International suffiront pour
> déconstruire une proximité et une confiance développées durant plus
> d'une quinzaine d'années entre la grande majorité du Peuple
> haïtien et Jean-Bertrand Aristide.
>
> Haïti traverse l'année du Bicentenaire de son Indépendance
> toujours coincée dans l'engrenage bi-séculaire des antagonismes
> originels sclérosant entre ses catégories socio-économiques;
> antagonismes renforcés et complexifiés au cours des siècles par la
> dynamique interne de leur reproduction et celle des éléments externes
> actifs qui s'y sont greffés ou immiscés.
>
> Au cours des quinze (15) dernières années, une importante et
> prometteuse mutation s'est déclenchée chez la majorité de base de
> la population haïtienne, dans les villes et dans les campagnes. Les
> élites, habituées à se considérer comme représentatives des
> valeurs et de la raison d'être d'Haïti, n'ont pas compris ou
> ont pris peur face à la portée progressiste de cette mutation dans
> les domaines social, économique, politique et culturel dans le pays.
> Les puissances influentes au sein de l'OEA, de l'Union européenne
> et de l'ONU sur le dossier d'Haïti, réalisent-elles que cette
> mutation est engendrée par la poussée des besoins, des
> revendications, des exercices de démocratie de cette base large de la
> population dont dépend la durabilité de la stabilité et de la paix,
> et que cette mutation est irréversible?
>
> Je ne saurais donc m'imaginer que la majorité des Etats membres de
> l'OEA, de l'UE, du Conseil de Sécurité de l'ONU, la majorité
> des représentants élus des peuples américains, canadiens et
> français, aient pactisé avec le plan politico-militaire de
> déstabiliser l'Etat haïtien en vue de provoquer l'exil du
> Président Aristide à environ deux (2) ans de la fin de son 2ème
> mandat constitutionnel, non renouvelable.
>
> Si tel n'est pas le cas, il y va de l'avenir du processus
> démocratique, dans un environnement de paix et de stabilité que
> l'OEA, l'Union européenne et les Nations Unies saisissent
> l'opportunité de la présence des Casques bleus pour organiser la
> remise en contexte du Plan de la CARICOM et des acquis à compléter du
> projet d'accord initial partiellement négocié sous l'égide de
> l'OEA.
>
> Une telle correction remettrait Haïti sur les rails devant conduire,
> dans le cadre de l'apprentissage et de la consolidation de la
> démocratie, à une troisième passation constitutionnelle du pouvoir
> par un président élu à un nouveau président également élu, selon
> les prescrits de la Constitution.
>
> M. l'Ambassadeur Foley, vous et vos autres collègues vous devez sans
> doute vous sentir confortables et tranquilles que de faire dans mon
> pays et à mon pays tout ce que la puissance militaire et économique
> de vos gouvernements dicte; quant à moi, ma source de sagesse, de
> force, de sérénité et de fierté, face of the wickedness de certains
> individus au pouvoir, c'est l'indéfectible volonté de la
> majorité pauvre de mes compatriotes de garder l'espoir pour un
> lendemain meilleur plein de vie et de vigueur.
>
> L'esclavage et la dictature nous ont été imposés; nous avons
> combattu et les avons défaits. À présent, quelle que soit la forme
> sous laquelle on les planifie afin de saper notre option pour une
> démocratie effective et participative, nous et d'autres, qui croyons
> véritablement en ses principes et ses objectifs, ne devrions jamais,
> sous aucun prétexte, les trahir. (...)
> (...). Entre l'authentique combat de la majorité du peuple et les
> «élites»d'affaires et intellectuelles votre gouvernement et
> d'autres ont opté pour les «intellectuels» disparates et
> politiquement incohérents et l'«élite» des affaires encline à la
> corruption, les deux que vous et votre prédécesseur avez publiquement
> qualifiés comme tels.
>
> (...). Le 2 mars, avec l'éventuel acquiescement du secrétaire
> d'État Colin Powel et de l'assistant secrétaire d'État Roger
> Noriega, vous «m'avez fait savoir» que je devrais quitter Haïti
> (aller en exil) dès qu'un nouveau, c'est-à-dire un Premier
> ministre putschiste serait nommé, ou bien je courais le risque
> d'être emprisonné et/ou assassiné (tandis que les Marines des USA
> étaient et les soldats de l'ONU sont en Haïti supposément pour
> offrir à tout le moins un sentiment de sécurité à tous les
> secteurs?).
> D'un côté, vous connaissez fort bien l'article 41 de la
> Constitution démocratique d'Haïti qui établit qu'«aucune
> personne de nationalité haïtienne, quel qu'en soit le motif ne peut
> être déporté ou forcé de quitter le sol d'Haïti».
>
> D'un autre côté, j'ai passé environ trois (3) mois dans la
> clandestinité (du 12 mars au 27 juin); depuis lors je suis depuis des
> mois dans les prisons du gouvernement de facto et de ses alliés.
>
> Je me doute bien que cette lettre peut déclencher tôt ou tard, et de
> la part du gouvernement de facto en Haïti et de la part du
> gouvernement des États-Unis d'autres actions et d'autres pressions
> en sus de celles auxquelles j'ai été soumis jusqu'à présent.
>
> M. l'Ambassadeur, savez-vous ce qui m'est encore réservé?*
>
> L'une des garanties essentielles de durabilité de la Justice, de la
> sécurité, de la stabilité, de la paix et du progrès dans le monde,
> doit être la constance et la cohérence des organisations
> internationales et régionales des Etats, et de droits des Peuples et
> de la personne, dans leur refus systématique de reconnaissance de tout
> gouvernement issu de coup d'Etat, quels qu'en soient les causes,
> les moyens et la forme dans un pays où se construit, ou est déjà
> établie la démocratie.
>
> Yvon NEPTUNE
> Ex-Premier Ministre
> Membre de Fanmi Lavalas
> Prisonnier Politique
>
> N.B. : M. l'Ambassadeur Foley, avant de vous envoyer cette
> correspondance datée le 23 août 2004, je veux prendre un temps
> d'observation de la réaction de l'OEA, de l'ONU et en
> particulier celle des Gouvernements Américain, Français et Canadien
> aux événements significatifs suivants :
> I. L'admission publique non seulement des membres des anciens FADH et
> FRAPH, mais aussi du Groupe des 184 et de certains partis politiques,
> d'avoir été de concert à l'origine:
> A. des actes terroristes contre :
> a) L'Académie de Police le 28 juillet 2001
> b) le Palais national le 17 décembre 2001
> c) des édifices publics, tels que des commissariats (avec assassinats
> de policiers), tribunaux, douanes, la Centrale hydraulique de Péligre,
> etc.
>
> B. d'occupation armée de villes telles que les Gonaïves, Hinche,
> Cap-Haïtien, Fort-Liberté etc.
>
> II. L'occupation de commissariats de Police par des membres des
> anciens FADH et FRAPH après qu'ils ont chassé les agents de la PNH,
> et les parades armées de ces militaires démobilisés dans diverses
> villes du pays au vu et au su du gouvernement de facto, de la PNH et
> des forces de l'ONU.
>
> III. La discrimination socio-politique au détriment et la
> diabolisation stigmatisante et l'ostracisme du segment majoritaire
> pauvre de la population, par le pouvoir de facto et ses associés, en
> raison des affinités Lavalas, de cette majorité.
>
> IV. La poursuite des persécutions, arrestations arbitraires et
> illégales de cadres, membres et partisans de Fanmi Lavalas, et aussi
> d'autres simples citoyens en général de la majorité pauvre.
>
> V. Les procès det/ou jugements pré-orchestrés par la machine de
> justice politique du pouvoir de facto dont un des exemples les plus
> éhontés est celui des accusés dans les assassinats de Antoine
> Izméry et du Père Jean-Marie Vincent.
>
>
> *Pour lire la partie rédigée en anglais au complet, voyez notre
> section «This week in Haiti» dans ce numéro.
>
> -------------- ----------------
>
> This Week in Haiti
>
>
>
> M. Ambassador Foley, you and other colleagues or yours may feel
> comfortable and safe in doing in and to my country whatever the
> military and economic might of your governments dictates; as for me, my
> source of wisdom, strength, serenity and pride, in the face of the
> wickedness of certain people in power, is the uncompromising will of
> the poor majority of my fellow citizens to keep hope for a better
> tomorrow alive and active.
> Slavery and dictatorship had been imposed upon us; we have fought and
> rejected them. Today, in whatever form they are planned in order to
> undermine our option for effective participatory democracy, we and
> others who truly believe in its principles and objectives should never,
> under no guise, betray them. Democracy is a human concept originated
> from the experience of life of mankind. Societies the world over are
> still experimenting it, up to one degree or another.
>
> Whenever undemocratic means are condoned and/or used to purportedly
> protect the gains and/or steady the course of the democratic process,
> that sends to the people apprenticing democracy a confusing message
> about the facts, the meaning and the rules of democracy, and that
> threatens to take us all back to the jungle law of the strongest; in
> fact, quite often nowadays, what prevails is the will of states with
> hegemonic economic and military powers, and having the largest and
> deadliest arsenal.
>
> Democracy is said to be a game of compromise; but unfortunately for
> Haiti and its people, your government and others which claim to be
> their friends, instead of standing up for compromise between the
> Lavalas majority led by President Aristide and the platform of the
> opposing minority and its armed aggressions against the state and
> Lavalas; they chose to side with and act in favor of the uncompromising
> opposing minority; thus breaking dangerously the democratic process and
> jeopardizing its future.
>
> Between the genuine struggle of the popular majority and the
> intellectual business "elites" your government and others opted for
> the disparate politically incoherent "intellectuals" and the
> corruption prone business "elite", both of which you and your
> predecessor have publicly qualified as such.
>
> Generations upon generations of Haitians have been wasted, and Haiti
> has long been on the verge of becoming a totally barren and disaster
> plagued land, with an exploding and agonizing population. The
> historical and contemporary facts are available to whomever is truly
> interested in what should be done urgently and in the short term, so
> that the long term future of the country could finally rest on
> gradually secure political and economic ground.
>
> Caring friends of Haiti, republicans and democrats, liberals and
> conservatives, socialists, and capitalists would best serve Haiti by
> always acting in ways to encourage all sectors of Haitian society,
> political parties and government to operate in all circumstances, with
> no exception, within the framework of the Constitution and the law.
>
> On march 2, with the probable approval of Secretary of State Colin
> Powell and Assistant Secretary of State Roger Noriega, you "let me
> know" that I should leave Haiti (go into exile) as soon as a new,
> i.e. putchist Prime Minister is appointed, or I would risk being jailed
> and/or assassinated (while the US marines were and the UN soldiers, are
> in Haiti supposedly to provide at least a sense of security to all
> sectors?).
>
> On the one hand, you are well aware of article 41 of the democratic
> Constitution of Haiti which states that, "no one of Haitian
> nationality, for no reason whatsoever may be deported or forced to
> leave the Haitian soil".
> On the other hand, I spent three (3) months or so under cover (from
> March 12 to june 27); since then I have been for months in the jail of
> the facto government ant its allies.
>
> I know this letter may trigger sooner or later, both from the de facto
> government in Haiti and the US government additional actions or
> pressures to the ones I have been subjected to so far.
> Mr. Ambassador, what next do you know is in store for me?
> ************************************************
> Forwarded by the Haitian Lawyers Leadership Network
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