Mai 68 revisité
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Mai 68 revisité         

Group: soc.culture.haiti · Group Profile
Author: Annette
Date: Jun 20, 2008 07:48

Copie d'un message reçu :
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Ci-joint une analyse de Lemarec DESTIN sur le mouvement de Mai68 en
France.

Bonne réception.

Adrien
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Mai 68 : au-delà de «la fête»
Une analyse

Par: Lemarec Destin

Le mois de mai de la présente année ramène en effet le quarantième
anniversaire des événements qui ont fortement ébranlé la France au
cours des mois de mai et de juin 1968. Connu depuis sous le vocable
«Mai 68», l’ensemble de ces mouvements de contestation étudiante a
profondément marqué la mémoire des Français. Aussi assiste-t-on, à
chacune des commémorations décennales de cet épisode presque mythique,
à une poussée inhabituelle d’effervescence dans les milieux
intellectuels français. Historiens, sociologues, philosophes,
journalistes, écrivains de tous horizons, essayistes et universitaires
revisitent à leur manière l’événement, par des contributions très
riches et très stimulantes à cet égard. Rien que pour cette année
seulement, pas moins de 80 ouvrages sur le sujet sont publiés en
France. Ailleurs dans le monde, articles, éditoriaux, débats,
analyses, rétrospectives, documentaires, émissions de radio,
colloques et conférences creusent de tous les angles le thème Mai 68.
Une preuve que même après quatre décennies, "l‘événement" suscite
encore de l’intérêt et continue de passionner les esprits autant à
l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Hexagone.

Mai 68 s’est en effet imposé comme l’un des faits les plus marquants
de la société française au cours de ces quarante dernières années. À
l’occasion du vingtième anniversaire du mouvement de contestation,
l’«Encyclopaedia Universalis» voulait sonder la mémoire collective des
Français sur les événements qui les avaient le plus marqués de 1968 à
1988. Pour cela, elle commandait à la réputée firme d’enquêtes
SOFRES ; un sondage national dont les résultats ont été publiés dans
les colonnes du quotidien Le Monde du 20 janvier 1988. Au segment
politique, à la question individuelle: «Parmi les événements
politiques suivants (quinze y sont listés) survenus depuis vingt ans,
quels sont ceux qui vous ont le plus marqué?». Les «événements de mai
68» se retrouvaient en première position avec un taux de réponses de
49%%, suivis de l’élection de François Mitterrand en 1981 avec 45%%, de
la démission du Général de Gaulle( 1969 ) avec 29%%, la mort de
Pompidou(1974) avec 19%%, de l’élection de Valéry Giscard d’Estaing à
la présidence (1974) avec 8%%, etc. (Le total des pourcentages était
supérieur à 100, les personnes interrogées ayant pu donner plusieurs
réponses). Et plus près de nous, au tout début du mois de mai dernier,
un sondage national nous apprenait que 74%% des Français estiment que
Mai 68 fut un événement utile.

Rassurante profession de foi, s’il en est. Mais cette belle auréole
de grand événement politique social, culturel et contre-culturel dont
s’est paré Mai 68 n’a pas permis de faire l’unanimité sur le sens et
la portée véritables de cette contestation étudiante. Son
interprétation à l’origine semble avoir été porteuse d’un important
pourvoir de cristallisation polémique faisant apparaître à travers une
abondante littérature, des oppositions irréductibles dans
l’appréciation des faits et dans l’argumentaire. Pour une meilleure
intelligence du phénomène, remontons aux sources de l’antagonisme
initial d’où dérivent les deux grands courants de pensée alimentant un
débat qui est loin de s’essouffler, tant l’engouement suscité par
l’événement est grand, surtout à ces époques marquées. Pendant les
"journées chaudes" et après celles-ci, alors que la poussière des
événements n’était même pas encore complètement retombée, des
intellectuels de renom déclenchèrent les hostilités. Réagissant comme
à un puissant électrochoc — car personne n’avait vu venir ce «séisme»
— et selon des angles d’analyses et d’interprétation différents ces
derniers passaient au crible l’explosion de mai 68.

En effet, des écrivains tels Sylvain Zegel, Jacques Laurent, Henri
Lefebvre, Alain Touraine par exemple reconnaissent d’emblée le
caractère hautement politique de la révolte étudiante en privilégiant
l’explication politique rivée à la crise universitaire. On peut aussi
inclure dans ce groupe — même s’il vivait à l’époque aux États-Unis —
le réputé philosophe Herbert Marcuse. Les théories du grand penseur
eurent un écho très profond dans la jeunesse contestataire des États-
Unis et d’Europe occidentale, "au point qu‘on a pu lui attribuer la
paternité idéologique des mouvements de jeunes opposés au système". À
une de ses nombreuses entrevues accordées sur le mouvement de
contestation des jeunes, il laissa tomber ceci : «Je dirais que le
mouvement français est plus radical que l’américain, car il envisage
un changement total dans les domaines intellectuel et matériel sans en
rester exclusivement aux institutions et aux relations sociales … »
À l’autre bout du spectre, en revanche, d’autres personnalités et non
des moindres comme Raymond Aron, intellectuel anticonformiste, taxé de
droite (de loin le plus caustique de tous), Georges Gusdorf, Jean-
Michel Croissendeau et autres associent de préférence ce type de
conduite collective à l’action inconsidérée d’une bande d’adolescents,
de jeunes épris de désordre, de plaisir et de "quelques trublions en
mal de s’affirmer". Ils ajouteront même mouvement spontané, grande
fête, gros party, grand happening ou fièvre printanière, c’est-à-dire
cette propension des étudiants français à descendre dans la rue, à «
prendre le frais » presque tous les printemps.

Propos d’humeur ou d’analyse? Qu’on ne se méprenne pas, les
stéréotypes ont la vie dure! Dans un article fort éclairant intitulé:
«Students - A marginal Elite in Politics» (1971), Frank A. Pinner
aborde le problème avec beaucoup d’intelligence en essayant d’établir
les fondements d’une théorie politique du mouvement étudiant ou plus
précisément de “l’activisme étudiant”. «Les mouvements étudiants,
écrit-il, ont été rarement examinés ou étudiés dans une perspective
politique. La majeure partie de la littérature existante les traite
comme étant une forme de déviance qui peut être expliquée comme une
tendance particulière des étudiants à répondre, de façon non orthodoxe
aux troubles sociaux, psychologiques et culturels». Il poursuit, et
c’est à ce niveau que son analyse prend tout son poids quand il écrit:
« De telles considérations sont vidées de leur contenu lorsqu’on tient
compte du niveau d’activisme, nonobstant les positions politiques -
gauche ou droite, nationale ou internationale - qu’épousent les
étudiants.

Cela étant dit, revenons au jugement sévère et peu valorisant que
portent Aron, Gusdorf, Croissendeau et autres contempteurs sur les
mobilisations étudiantes de mai-juin 68. Une telle lecture de la
réalité étudiante, à la suite de ces journées éruptives, témoigne
d’une vision fragmentaire, réductrice. Elle tend à folkloriser un
événement aux dimensions plurielles et dont les multiples ancrages se
retrouvent dans les transformations même de la France d’après-guerre.
Il est vrai que, de tout temps, les universités françaises furent des
foyers de contestation. Si l’on en croit André Coutin, cela remonte
aux « escholiers » du Moyen-Âge. D’ailleurs, son livre, admirablement
bien documenté, intitulé: “Huit siècles de violence au Quartier
Latin”(1969) est assez édifiant à cet égard. Quoiqu’il en soit, la
révolte étudiante de mai 68 dépassa en ampleur tout ce que l’on avait
connu auparavant. Événement d’envergure, celui-ci mérite bien plus
qu’une simple analyse. Il exige un traitement qui prend en compte
l’ensemble des circonstances dans lesquelles émerge le mouvement,
dépassant la seule explication de “la fête”, “du mouvement spontané”,
de la “fièvre printanière” ou de la “grande kermesse”.

Comprendre « le mouvement »

D’entrée, il importe de souligner que la convulsion de mai 68
s’inscrit dans un mouvement de révolte et de protestation généralisées
de la jeunesse, essentiellement celle d’Europe, d’Amérique du Nord,
d’Australie et du Japon. Une espèce de fièvre s’était emparée un peu
partout des milieux étudiants, remettant en cause leur système
universitaire respectif. Les étudiants se révoltaient comme s’ils
obéissaient tous, presque au même moment, à un même mot d’ordre. À
Madrid et à Rome, à Louvain et à Alger, à Tokyo et même au Caire, aux
États-Unis, à Bologne et à Berlin, à Prague, à Dublin et à Cracovie,
c’est tout l’enseignement universitaire qui était menacé de paralysie.
Contrairement à ce qui se passait dans les autres pays qui ont connu
des manifestations d’étudiants, la crise a été plus étendue et plus
profonde en France. Cela était dû, entre autres, à cause du caractère
particulier des contradictions, de la prédominance du discours de
gauche, de l’action agissante des groupuscules d’inspiration gauchiste
(situationnistes, anarchistes, maoïstes, enragés, trotskistes), et de
la simultanéité des nombreuses mutations à l’oeuvre et auxquelles
était soumise la société française de l‘époque. Vue sous cet angle, la
crise mûrissait pendant une longue période d’incubation. Dans ce
contexte, le (Mouvement du 22 mars 68) débutant à Nanterre, n’a été
que le détonateur.

Mais à travers quel processus tout cela était-il rendu possible? Les
progrès marqués de la médecine, les changements drastiques opérés
dans les politiques de salubrité et d’hygiène publiques des pays
occidentaux, essentiellement ceux d’Europe, avaient largement
contribué à juguler plusieurs épidémies et réduire de façon
substantielle le taux de mortalité infantile. Tous ces facteurs
combinés ensemble eurent un impact positif sur l’accroissement de la
population de ces pays qui changea notablement de rythme. Entre 1950
et 1960, la population de la France passa de 41 647 000 à 45 465 000
habitants. Il en résulta alors une demande d’enseignement sans
précédent qui s’est traduite, dès le début des années 60, par l’entrée
massive des élèves à tous les niveaux: primaire, secondaire et
supérieur. Il faut mentionner aussi qu’une certaine démocratisation de
l’enseignement secondaire n’était pas étrangère à ce changement.

Durant la seule période 1960-1965, la France a eu le plus de fort taux
de passage du second au troisième degré de l’enseignement en Europe.
Ce qui a contribué à conduire de plus en plus de bacheliers à se
bousculer aux portes de l’université. À partir de cette période,
l’enseignement traditionnel français commençait à éprouver des
difficultés d’intégration de tous ces nouveaux effectifs.
L’institution, aux structures établies depuis la fin du dix-neuvième
siècle, plongée dans son sommeil dogmatique n’a pas fait sa mutation.
Alors, le manque criant de locaux accentuait la crise, en dépit d’un
effort sans précédent de mises en chantier, rappelé avec satisfaction
par Georges Pompidou pendant la campagne électorale de 1967. Entre-
temps, le corps étudiant connaissait un taux de croissance prodigieux.
Une étude très sérieuse de R. Boudon l’atteste: en 1957-1958 les
étudiants français étaient au nombre de 175 000, en 1967-1968, ils
atteignaient le nombre de 500 000. En somme, l’arrivée massive et
continuelle de ces derniers a ainsi engendré une amplification de la
crise, créant ainsi à l’Université des problèmes à la fois d’ordre
matériel, organisationnel et pédagogique, qu’étudiants et professeurs
ne manquaient pas de dénoncer.

Pour faire face à ces difficultés et aussi trouver des solutions à la
crise du nombre, l’institution réagit par l’application de mesures de
sélection extrêmement sévères, se traduisant par une élimination
progressive des étudiants tout au long des études, surtout aux deux
premières années du premier cycle. L’établissement de plus en plus
élargi du système du «numerus clausus» (contingentement) participait
aussi de ces moyens. Aussi, chaque année, plusieurs milliers
d’étudiants sont ainsi “laissés sur le bord de la route, sans
formation et sans titres”. Bon nombre d’étudiants, en effet, après
plusieurs années d’université se retrouvaient sans diplôme. Dans son
livre “Le mal universitaire” (R. Laffont 1988), Alain Carpentier nous
informe que chaque année, plus de 100 000 jeunes abandonnent ou
échouent au cours des deux premières années du premier cycle. Les
phénomènes d’abandon et de redoublement prenaient rapidement une
ampleur inquiétante. On comprend, en l’occurrence le degré d’angoisse
et d’inquiétude des étudiants face à leur avenir social et
professionnel dans une société où le diplôme est roi, selon le mot de
Carpentier.

À côté de ces problèmes non négligeables, émergeait avec encore plus
d’acuité un autre d’importance: l’inadéquation des formations
dispensées aux exigences de la société moderne. Il apparaît urgent de
rééquilibrer les formations afin de les adapter aux débouchés
existants. C’est dans ce contexte que fut mise en route, à partir de
1962, la réforme Fouchet (ministre d’octobre 1962 à avril 1967) qui
visait, entre autres, deux objectifs majeurs: la diversification et la
décentralisation. La mise en oeuvre de celle-ci se traduisait par de
nombreux changements qui contribuaient à augmenter davantage l’anxiété
étudiante. Aussi, son implantation, ponctuée de décrets d’application
et s’étendant sur une longue période, a-t-elle donné lieu à de
nombreuses manifestations qui ne furent autre chose que de véritables
répétitions, préparant la grande colère et l’explosion de mai 68.

Simultanément, un autre phénomène grave s’est accéléré: la
déqualification (le fait d’obtenir ou d’occuper des fonctions au-
dessous de sa qualification professionnelle). Le changement
quantitatif du corps étudiant a eu aussi pour conséquence de porter
l’Université à produire plus de diplômés pour moins d’emplois sur le
marché du travail. Un phénomène de sous-emploi vit le jour tant chez
les diplômés que chez les étudiants. q Pour améliorer leurs chances
d’embauche ces derniers, bien souvent, cachaient leurs qualifications.
L’Agence pour l’emploi des cadres (APEC), un organisme oeuvrant dans
le domaine de l’emploi, estimait en 1967-1968 à 60 ou 70%% le taux de
déqualification au premier emploi (Duffour et al. 1978). D’autre part,
l’apprentissage d’un métier était devenu plus lent que le rythme des
modifications techniques de la production industrielle. Ce fait
nouveau charriait avec lui insécurité, angoisse, inquiétude,
appréhensions chez les jeunes et préoccupait au plus haut point les
parents. Le “malaise étudiant”, terme qui sera d’ailleurs repris par
Daniel Cohn-Bendit, Alain Geismar, deux personnages-clé de mai 68, et
par plusieurs auteurs, était donc à sa phase explosive à la veille des
événements.

Le feu aux poudres

C’est dans ce climat d’irritabilité que le 4 avril 1968 un conseil
interministériel, présidé par le Général de Gaulle lui - même, décida
d’introduire la sélection à l’entrée de l’Université. Par cette
décision, le gouvernement venait de mettre le feu aux poudres. Il est
important de souligner ici que dans les milieux étudiants, le mot
«sélection» est généralement associé à l’idée de barrage social, un
moyen détourné de faire obstacle à l’idée de barrage social, un moyen
détourné de faire obstacle à la «démocratisation». Alors, il n’en
fallait pas plus pour que la mobilisation étudiante trouvât le
catalyseur dont elle avait besoin. Une série de manifestations
violentes (émeutes, barricades, occupations de facultés, etc.)
s’enchaînera sous la conduite de Daniel Cohn-Bendit et de son état-
major, pour atteindre son point culminant en mai-juin 1968. Un
mouvement auquel ont participé massivement syndicats et travailleurs
(plus de 10 millions de grévistes les 13 et 20 mai). Les ouvriers,
pour la plupart chefs de famille, sont des gens responsables. Ils
n’auraient pas laissé leur gagne-pain pour participer à cette
“kermesse” ou à ce "désordre de jeunes épris de plaisir " Ce fut au
contraire l’un des plus puissants mouvements revendicatifs de la
classe ouvrière.

A la lumière des faits évoqués plus haut, mai 68 est loin d’être un
"mouvement spontané", une "explosion sans causes" ou simplement une
"fièvre printanière". Il y a eu certes de la «casse», des voitures
renversées, des grèves, des émeutes, des occupations de facultés, le
déterrement de pavés des chaussées (sous les pavés, la plage). Il y a
eu moult affrontements avec les policiers(CRS). Il s’était dit
beaucoup de bêtises, dans un foisonnement de slogans surréalistes et
de graffiti. Mais on ne peut gommer l’ensemble des circonstances dans
lesquelles émerge le «mouvement» pour le réduire simplement au
«désordre» comme explication du phénomène. "La crise a frappé une
institution en pleine altération, mais qui à coup sûr n’a pas fait sa
mutation". Il y avait en France, au milieu des années 60, une
situation de fait où l’étudiant en plein désarroi, faisait face à des
problèmes existentiels auxquels l’autorité politique ne pouvait
fournir de solutions satisfaisantes. Alors il se révoltait, non sans
le leadership des organisations étudiantes, en particulier l’Union
nationale des étudiants français (U.N.E.F.).

Tout compte fait, la révolte étudiante de mai-juin 1968, en visant
dans son déploiement une remise en cause globale de la société, a fait
éclater un certain nombre de valeurs sociologiques jadis considérées
comme fondamentales et immuables. A la vérité, le changement radical
tant espéré ne s’est pas produit. En revanche, les événements ont eu
le mérite de libérer une certaine créativité et d’être à l’origine
d’un ensemble de mouvements de type nouveau (mouvements féministes,
écologistes, etc.) À l’Université même, l’un des piliers du système,
le mandarinat, est fortement contesté. En même temps, le cours
magistral, considéré comme forme autoritaire d’enseignement et facteur
d’éloignement entre enseignants et enseignés, est remis en question.
Au plan de l’éducation familiale, beaucoup d’adultes, par la suite,
ont supprimé les méthodes autoritaires vis-à-vis de leurs enfants. Sur
le plan social, la «concertation» a pris de plus en plus de place
dans les relations de travail. Bref, un anti-autoritarisme militant
traverse tout le mouvement et colore en même temps l’ensemble de ses
objectifs. En conséquence, l’écrivain Jacques Laurent, dans son livre
"Lettre ouverte aux étudiants"/ Albin Michel(1969), semble faire une
judicieuse synthèse des motivations des soixante- huitards quand il
écrit : «C‘est la volonté de réformer l‘Université qui vous a servi de
modèle avoué, mais c‘était votre refus d‘un certain ordre matériel et
moral qui vous animait».

Laval, juin 2008
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