Copie d'un message reçu :
-------------------------------------
Les embarras de Port-au-Prince et Nous
Par Ericq Pierre
Rochasse091@
yahoo.com
Proposer des pistes de solution aux embarras de Port-au-Prince ! VoilÃ
une bonne utopie pour commencer la nouvelle année. Ces embarras ont
mis longtemps à s'accumuler. Les juguler n'est pas une entreprise
facile. Sauf peut-être pour celui spécifiquement lié à la circulation
des véhicules.
Port-au-Prince, en effet, semble avoir un trop-plein de beaucoup de
choses. Trop de véhicules. En mauvais état. Trop de carcasses de
voitures dans les rues. Trop de bidonvilles. Insalubres. Trop de
monde. Vingt-trois pour cent de la population totale du pays.
Cinquante-six pour cent de la population urbaine. Trop d'enfants
abandonnés. Trop de marchés. En plein air. Trop d'embouteillages. Trop
de fatras. Liste d'embarras non exhaustive. Une bonne partie de la
zone métropolitaine est sale. Certains quartiers plus que d'autres.
Une saleté qui semble nous poursuivre sans relâche. Comme l'OEil de
Caïn. Dans des rues transformées en poubelles. Ce n'était pourtant pas
la destinée de cette métropole. La preuve, plusieurs quartiers pauvres
et - anciens - possèdent encore des restes de beauté. De propreté. Et
même de coquetterie. Quartiers oasis. Qui donnent une idée de ce qu'a
été cette ville. Et de ce qu'elle pourrait devenir. Ou redevenir. Si
la surpopulation, la saleté, les ordures ne s'étaient pas coalisées
pour faire échec aux initiatives visant à diminuer leur impact. Car,
des initiatives, il y en a eues. Il y en a encore. Mais, trop peu.
Trop molles. Trop timides. Trop isolées. Initiatives publiques
surtout. Apparemment peu supportées par le secteur privé. Et privées
également du poids de l'État. Du pouvoir régalien de l'État.
Je me fais reprocher d'oublier que Port-au-Prince est une grande
métropole. Qui souffre des maux analogues à ceux de toutes les grandes
métropoles. Embouteillages ? Pas plus que dans les autres capitales de
la région, me rappelle cet ami qui a beaucoup voyagé. Et qui peut
faire des comparaisons. Fais un tour à Mexico, propose-t-il.
Surpopulation ? Tu as été au Salvador, récemment ? Insécurité ? Pas
plus qu'Ã Kingston. Pollution ? Moins qu'Ã Santo Domingo.
Admettant néanmoins qu'en termes d'assainissement, Port-au-Prince se
trouve au bas de l'échelle. Et que sur d'autres registres, elle offre
très peu des avantages des grandes métropoles avec lesquelles on
voudrait la mettre en compétition. Souffrant même de carence grave en
beaucoup de choses. Essentielles. Infrastructures désuètes. Et
insuffisantes. Électricité ? Eau potable ? Au compte-gouttes.
Installations sanitaires ? Médiocres. À tous les niveaux. Problèmes
structurels qui ne peuvent être résolus que sur le moyen terme. Encore
faut-il s'y mettre dès maintenant. Et sérieusement, suggère-t-il. Car,
il ne s'agit pas d'une fatalité. Au fil des ans, d'une instabilité Ã
une autre, d'un coup d'État à un autre, d'une rhétorique à une autre,
l'incurie s'est installée. Alimentée par des gouvernements qui
invoquaient des impératifs politiques dont eux seuls connaissaient la
portée. Pour expliquer, sinon justifier l'absence d'action. Et de
résultats. Il y a aussi la peur de la rue. C'est-à -dire, des réactions
de groupes partisans. Ou même de groupes affiliés. Comme quoi, on
hésite à mettre en OEuvre certaines mesures d'intérêt collectif, parce
que des groupes (minoritaires), se targuant d'une certaine capacité de
nuisance s'y opposeraient. D'autre part, les immondices et les ordures
ont été utilisées et le sont peut-être encore de temps en temps comme
armes de représailles politiques. D'où cette impression désagréable
qu'il ne sert à rien d'essayer de résoudre certains problèmes, vu que
les solutions ne manqueront pas d'engendrer d'autres problèmes.
Pour en revenir au trafic, il ne fait aucun doute que les embarras de
la circulation à Port-au-Prince constituent une grave source
d'insécurité. Pour y faire face, il faut des mesures de discipline
stricte, accompagnées de quelques restrictions mineures ainsi que de
messages éducatifs et civiques. Il conviendrait donc d'interdire, Ã
partir de la rentrée scolaire 2008/ 2009, le stationnement de
véhicules de 6 :00 à 8 :30 du matin et de 2 : 00 à 5 :00 de l'après-
midi, de la rue Panaméricaine à Pétion-Ville jusqu'à la rue Pavée Ã
Port-au-Prince, en passant par Bourdon et l'Avenue John Brown (Lalue).
La même mesure s'appliquerait également pour les mêmes heures aux rues
du Bois-Verna, de Turgeau, des Casernes et des Miracles. De même qu'Ã
la route de Delmas, sur tout le parcours de Pétion-Ville jusqu'au
Boulevard J.J. Dessalines. Et à la route du Canapé-Vert, de
Pétionville jusqu'en face du local de la Téléco à Port-au-Prince. Ces
interdictions augmenteront considérablement la sécurité des piétons et
des automobilistes. Des écoliers et de leurs parents. Et faciliteront
grandement le labeur des policiers.
Préalablement, il faudra débarrasser les rues de toutes les carcasses
de véhicules qui les encombrent. Le Service de la Circulation et/ou
les mairies devront pour cela être dotés d'un certain nombre de
remorqueurs. Qui serviront pour enlever aussi bien les carcasses que
les véhicules en stationnement aux heures d'interdiction. À terme, des
parkings payants seront probablement disponibles. La grande métropole
que Port-au-Prince est devenue ne pourra pas longtemps s'en passer.
Utopie ! quand tu nous tiens ! En tout cas, si l'on s'y met vraiment,
avec détermination et l'aide de messages éducatifs et civiques
appropriés, à la prochaine rentrée scolaire, soit dans huit mois,
cette utopie peut se transformer en réalité.
LE MATIN vendredi 11 janvier 2008