Re: HAITI -- POLITIQUE-- JEAN-FRANCOIS-- L'État parasite
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Re: HAITI -- POLITIQUE-- JEAN-FRANCOIS-- L'État parasite         

Group: soc.culture.haiti · Group Profile
Author: Gwo Mango
Date: Sep 27, 2006 12:43

Annette wrote:
> Copie d'un message reçu, le commentaire est de l'expéditeur :
> ----------------------------------------------------------------------------------------
>
>
>
> Si vous êtes malade, déprimé, de mauvaise humeur, il vous est
> déconseillé de lire le texte qui suit.
> Sincèrement!
> A*
> -------------------------------
>
> L'État parasite
>
>
>
> par Hérold Jean-François
>
> Le Nouvelliste, 25 septembre 2006
>
> Nous devons bien l'admettre pour réagir et trouver les moyens de
> corriger cette anomalie. Nous sommes un État parasite. Nous n'avons
> pas besoin que les autres nous le disent avec toutes les blessures que
> cela provoquera, reconnaissons-le et faisons notre bilan pour nous
> situer et nous cerner dans notre véritable réalité.
>
> Le budget de la République d'Haïti, pour une trop grande partie
> dépend du financement externe. L'année dernière, sur les trente-six
> pauvres milliards de gourdes du Budget de la République, dix-neuf
> milliards dépendaient de la bonne volonté de l'aide internationale
> (52,77 %%). Les projections pour le Budget de l'exercice 2006-2007
> renforcent davantage la dépendance de l'aide étrangère. Le Budget de
> soixante-deux milliards de gourdes attend un apport de trente-huit
> milliards de la coopération (61,29). Nous tablons sur un effort
> interne de vingt-quatre milliards de gourdes.
>
> Outre le financement de l'aide publique au développement, et les
> acrobaties de la DGI et de la Douane pour alimenter le trésor public,
> notre pays, nous le savons que trop bien, serait déjà mort
> d'asphyxie, n'était-ce les substantiels transferts, plus de deux
> milliards de dollars par an, que les Haïtiens de l'étranger envoient
> à leur famille. Les transferts de devises représentent un important
> apport au fonctionnement de notre économie. L'école de la plupart de
> nos enfants, un cas de maladie, un baptême, une première communion,
> un mariage, un décès, désormais un téléphone portable, une carte
> d'appel, de la nourriture depuis quelque temps déjà, en dépendent.
> C'est alors, d'une façon ou d'une autre, de l'étranger qu'arrive
> l'oxygène qui maintient en vie le souffle d'Haïti.
>
> A regarder les choses en face, si nous devons interpréter les chiffres
> de nos rentrées, nous sommes un mal-État, une économie chétive et
> nous n'avons pas besoin de chercher loin l'explication de notre état
> de sous-développement. Mais, objectivement, la société haïtienne
> doit, en toute urgence, se réveiller, pour prendre la dimension de
> notre léthargie, ses conséquences et chercher comment se rattraper.
> Cela ne sera pas facile, mais il n'y a que les défis qui motivent les
> êtres et les sociétés, la passivité ne produisant que l'Haïti que
> nous avons aujourd'hui.
>
> Nous devons prendre le temps de nous regarder dans notre miroir pour
> voir l'exacte image qu'il nous renvoie. Nou lèd. Et il ne faut pas
> nous dire ''pito nou lèd nou la''. C'est cette théorie et ses tenants
> qui sont responsables de notre état actuel de cendrillon. Nous
> n'adhérerons jamais à cette échappatoire qui traduit si bien nos
> irresponsabilités.
>
> L'ÉTAT ''MAZORA''
> La dérive qui nous a conduits dans cette ère de décadence résulte,
> d'une certaine façon, du coup d'État du 30 septembre 1991 et de son
> corollaire naturel, le 19 septembre 1994. Notre objectif n'est pas de
> rechercher à qui la faute ni de rouvrir les blessures. L'ambition de
> ce texte est de susciter un réveil de la nation à travers ses couches
> organisées, ses citoyens les plus conscients.
> Avec le 30 septembre 1991, nous entrions dangereusement dans une voie
> qui allait conduire à la déstructuration de l'État au profit des
> intérêts personnels comme ils se sont rarement manifestés en Haïti.
> Des charognards se sont jetés sur les dépouilles de l'État, ont
> dépecé son corps chétif duquel ils ont extrait tout ce qui restait
> de substance. Cela nous a ramené à l'arbitrage international et à un
> nouveau débarquement des ''blancs''. Malheureusement, les acteurs
> politiques victimes du 30 septembre 1991 n'ont pas su dépasser leurs
> tombeurs pour montrer leur capacité à se dépasser et de replacer
> notre pays sur les rails de l'État de droit. Ils se sont montrés plus
> rétrogrades encore en voulant revenir au XXIe siècle avec un pouvoir
> personnel assoiffé de sang, d'argent, de biens, de faveurs et
> d'honneurs indus. Comparés aux militaires qui ont plus la tradition de
> jouir du pouvoir que d'être porteur d'un projet politique, à
> charognards ils ont été charognards et demi si ce n'est plus ! Si ce
> n'était que cela, ils ont mis en place tout un train de
> démantèlement de l'État, à partir de la perversion des institutions
> ou tout simplement de leur destruction.
>
> DE LA DÉSHAÏTIANISATION
> Dès lors, c'est comme si nous avions rompu tous les ressorts de
> l'État. Nous avons renoncé à toutes nos facultés, celle de penser,
> celle d'agir, de comprendre, de réagir. Nous avons volontairement
> renoncé à nous prendre en charge, laissant le fardeau de la nation se
> reposer sur les épaules de l'étranger. Nous comptons sur l'armée des
> autres pour désarmer ou neutraliser les bandits que nous avons
> délibérément produits en laboratoire
>
> L'Haïtien, subitement, devient passif, poussif. Nous nageons dans les
> fatras, cela devient la norme, les citoyens semblent incapables de
> réaction. Nous cautionnions la démobilisation de l'armée, sans
> organiser une force viable de substitution et sans penser aux
> conséquences, aux traditions et au fait universellement admis, ''le
> fond de l'homme est mauvais''. Nous assistons passif à l'émergence
> d'un État bandit, un État malfrat, après avoir subi les contrecoups
> de l'État délinquant. Incapable d'assumer pleinement notre leadership
> pour réorienter la nation et imprimer les nouvelles dynamiques, nous
> subissons le plus démocratiquement le choix du statu quo ante. Nous
> n'avons pas de solutions aux problèmes de notre pays, nous sommes des
> incapables et notre état actuel alimente toutes les thèses racistes
> que Louis Joseph Janvier et Anténor Firmin se sont pourtant évertués
> à démonter de fort belle manière à la fin du XIXe siècle.
>
> Nous nous sommes livrés pieds et mains liés, corps et âme à la
> ''communauté internationale''. Mais nous sommes des mendiants
> arrogants. Nous ne voulons rien faire, mais nous prétendons dire à
> nos remplaçants quoi faire et comment faire à notre place.
>
> Nous ne produisons plus grand-chose, nous n'exportons rien et nous
> importons tout. Nous n'offrons aucun encadrement au paysan, nous
> abandonnons le reste du pays qui prend sa revanche en venant à nous.
> Et comme l'État n'existe pas, comme il n'a aucune prérogative, chacun
> fait comme il veut et la capitale devient le plus grand bidonville du
> monde, ses rues et celles de plusieurs de nos villes sont transformées
> en marchés sans aucune réaction des autorités. A ce titre,
> laissez-nous vous raconter une anecdote. Liliane Pierre-Paul et nous,
> nous nous trouvions en couverture d'un événement régional à
> l'étranger. Nous profitions de l'arrivée d'un haut responsable de
> l'État à la salle de déjeuner de l'hôtel pour lui demander ce que
> le pouvoir entendait faire pour résoudre le problème de
> l'envahissement de l'espace urbain par les marchés sauvages ? Tout de
> go, il nous répondait que c'est le fait du petit peuple et qu'ils ne
> pouvaient rien faire pour ne pas le mécontenter ! Voilà la vision de
> ceux qui aspirent à nous diriger et qui nous dirigent de fait...De là
> à offrir la pelouse du Palais national pour recevoir les marchandes
> délogées de la Ravine Pintade qui ont envahi Lalue, il n'y a qu'un
> pas. Ils seront très contents, tellement contents que sans aucun doute
> ils auront crié A vie !
>
> QUAND LA PARESSE REMPLACE LE TRAVAIL ET LA PRODUCTION
> Ironie du sort, Haïti a une riche histoire de production agricole.
> Plus important espace de production des Antilles du temps de la
> colonisation, nous n'avons pas su maintenir le rythme à
> l'indépendance que nous avons confondue, pour notre malheur, avec
> l'oisiveté. Tout comme aujourd'hui nous confondons démocratie avec
> l'absence d'État au sens classique du terme.
>
> Nous n'avons pas réorganisé l'agriculture sur la base du travail
> rémunéré et au fil des siècles, les produits haïtiens ont connu un
> processus graduel de disparition sur les marchés internationaux. Le
> café, produit moteur de notre économie à côté du sucre de canne, a
> disparu pour devenir un produit de contrebande sur la frontière avec
> nos voisins dominicains. Tout l'effort d'industrialisation n'a pas
> connu de suivi, nous avons ouvert nos ports, éliminé les barrières
> douanières et l'État est incapable de rentabiliser tout ce flux
> d'importation qui rapporte des millions de dollars tant aux vendeurs
> qu'aux commerçants locaux.
>
> Après avoir tiré de substantiels revenus du tourisme pendant plus de
> trois décennies, nous nous sommes retirés de ce marché juteux que
> nos voisins de la Caraïbe ont vite fait de prendre d'assaut.
> Aujourd'hui, nos plus proches voisins, Cuba et la République
> Dominicaine gagnent de confortables revenus grâce à une industrie
> touristique compétitive. Nous parlons de 2 à 3 milliards de dollars
> par an pour chacun de ces États ! Or, en plus des plages dont nous
> avons parmi les plus belles de la région, nous avons beaucoup plus de
> sites, héritages de notre histoire et cette dernière qui est une mine
> sur laquelle se développe actuellement, tout un nouveau produit en
> forte demande dans le secteur touristique. Nous n'avons pas encore
> découvert le pétrole, mais nous refusons d'exploiter les richesses
> naturelles qu'une nature généreuse nous a offertes en don !
>
> Nous avons perdu le goût du travail jusqu'à devenir oisif,
> improductif, paresseux produits à la pelle par une certaine chapelle
> politique qui a enlevé toute fierté et toute dignité à certaines
> couches de la population qui vendent leur force de mobilisation et de
> répression contre un chèque dans l'administration publique. Le
> parasitisme est alors encouragé depuis les sommets de l'État par ceux
> qui n'auraient jamais dû y accéder. La seule épithète de militant
> fait mériter un chèque, qu'en tremblant, les directeurs de
> l'administration publique donnent à ces arrogants ayant toujours la
> menace à la bouche. Le clientélisme politique et le discours de
> dénigrement pour délégitimer les classes productives et possédantes
> en ont fini avec le goût du travail à la sueur de son front. On n'a
> plus besoin de travailler, on nous doit un chèque au nom de notre
> engagement pour neutraliser tous les opposants au pouvoir en place !
> L'on comprend vite le glissement vers les situations de non-droit, les
> incendies de locaux de partis politiques et des résidences des
> leaders, les coups de force contre l'université, le banditisme, le
> zenglendisme, les vols à main armée et au bout du compte le
> kidnapping. C'est tout un produit dérivé de cerveaux déformés dans
> le cadre planifié du démantèlement de l'État.
>
> BANDITS GEÔLIERS
> Dans l'État de droit, les bandits se trouvent derrière les barreaux
> et la société retrouve sa quiétude d'esprit, pour penser, produire,
> investir et chercher les voies et moyens du progrès économique et
> social. Haïti, est l'unique exception à cette règle où le pouvoir
> légitime fait des bandits des interlocuteurs, au nom de l'exclusion
> sociale dont ils ont toujours été victimes. Ils imposent alors leur
> loi, passent la justice en dérision, promettent aujourd'hui de
> remettre les armes, pour changer d'avis demain, sans qu'il y ait aucune
> manifestation d'une ferme volonté de l'État de mener contre eux les
> adéquates opérations pour les neutraliser ! Et dans une équation à
> l'envers, comme Lavalas nous a habitué ces quinze dernières années,
> devan pòt tounen dèyè kay, les bandits se transforment
> paradoxalement en geôliers du reste de la nation en résidence
> surveillée ! Ne nous interdisent-ils pas l'accès à la rue ?
>
> ADOPTIONS-REFUGE
> Mais comme nous nous accommodons facilement du pire, nous cherchons des
> solutions de rechange à nos incapacités. Depuis Munich et la coupe du
> monde de football de 1974, face à notre incapacité à récidiver et
> nous qualifier pour une phase finale de la coupe du monde, nous
> procédons par adoption. Nous sommes sans coup férir, brésiliens,
> argentins, italiens, allemands et plus récemment, français ! Nous
> circulons avec en évidence les drapeaux de ces pays, tandis que notre
> bicolore n'a pas cet honneur !
>
> Notre pays ne nous offre aucun loisir, la vie nocturne ne mobilisant
> que nos enfants qui n'entendent pas passer les plus belles années de
> leur jeunesse, cloîtrés, chaque fin de semaine, nous traversons la
> frontière, et régulièrement, nous allons prendre de l'air à Miami.
> Et à l'avenir, quand la nostalgie d'un pays normal nous apportera
> toutes sortes de déprime, quand l'on voudra se rappeler à peu près
> comment l'on vit dans un pays normal, sans nous gêner, nous
> traverserons la frontière. Et nous nous retrouverons dans les belles
> avenues, les magasins élégants des immenses centres commerciaux tout
> comme dans les élégants hôtels et boîtes de nuit de Santo Domingo
> à jouir de la vie. Et comme il faut de toute façon revenir dans notre
> poubelle de capitale ou dans les autres villes de notre pays
> méconnaissable, l'on se surprendra à discuter devant les comptoirs de
> l'élégant petit aéroport la Isabela, du progrès continu de la
> République Dominicaine qui est notre meilleur miroir, véritable oeil
> de Caïn qui nous interpelle et nous invite au réveil, en sursaut.
> Kote sa nou pa ka fè la a ? Ainsi parlions-nous la semaine dernière
> au comptoir de Caribair, la semaine dernière à la Isabela...
>
> INCAPABLES DE DIGNITÉ
> Si Haïti était aujourd'hui une personne, devant tant d'adversité, au
> lieu de mourir dans la dignité pour que la postérité en garde le
> meilleur souvenir, elle aurait, sans aucun doute, choisi d'être Manuel
> Antonio Noriega ou Saddam Hussein plutôt que d'être Henri Christophe
> qui, face à la perspective du déshonneur et conformément à son
> passé de grandeur a fait le seul geste qui vaille en la circonstance.
> Noriega et Saddam sont comme la plupart d'entre nous, des adeptes du
> pito nou lèd nou la. Mais c'est à Christophe que nous nous
> référons, aujourd'hui encore, quand nous rêvons de grandeur et de
> dignité !
>
> UNE PIERRE DANS LA MARE AUX CROCODILES
> Cette réflexion, de notre point de vue, est une pierre jetée en
> survol dans la marre pour réveiller les crocodiles heureux vautrés
> dans la fange et assoupis par la douceur de la boue, l'esprit embaumé
> par les puanteurs qui les enivrent.
>
> Il y a d'autres issues que la boue, il y a d'autres façons de vivre,
> réveillons-nous. Nous sommes menacés de disparition, réagissons,
> regardez en arrière, on avait une bien plus fière idée de
> nous-mêmes, les autres aussi en dépit des envies, des rancœurs et de
> la jalousie se souviennent de notre contribution à l'histoire
> universelle. Ils pensent, sans le dire tout haut, que 1804 a été un
> tournant, un nouvel ordre mondial provoqué par nos ancêtres dont nous
> ne nous sommes pas montrés, les dignes héritiers. Ce texte est à
> vous, partagez-le autour de vous. Réagissons !
>
> DE LA RÉPUBLIQUE D'INDIVIDUS À LA RÉPUBLIQUE D'HAÏTI
> Mais au fait, ou renmen peyi'w ? Nous disons tous aimer notre pays et
> c'est au nom de cet amour que nous produisons tous les comportements
> anti-nationaux qui affectent notre pays et qui le font mourir par
> excès d'amour ! Interroger les rares kidnappeurs en détention, allez
> poser la question aux chefs de gangs, ils vous répondront en choeur
> que leurs actes ont un seul motif, l'amour d'Haïti. C'est au nom de
> cet amour qu'ils kidnappent, qu'ils tuent et bloquent les activités
> commerciales, le libre accès des rues. Allez vers d'autres citoyens
> d'autres couches de notre société, ils jureront par les grands dieux
> de notre immense panthéon que plus amoureux de leur pays
> qu'eux-mêmes, nan pwen. Mais demandez-leur s'ils s'acquittent de leurs
> redevances envers le fisc, s'ils sont solidaires avec les démunis,
> s'ils ne jettent pas leurs détritus dans les rues, s'ils n'encombrent
> pas les rues de remblais, s'ils n'empiètent pas sur la rue pour
> agrandir leur propriété, s'ils respectent les lois de la circulation,
> s'ils ne font pas de contrebande, si leur marge de profit n'a rien à
> voir avec l'inflation, s'ils ont toujours eu des attitudes civiques,
> si, si, si et si ? Nous connaissons tous la réponse en notre âme et
> conscience. C'est l'ensemble de nos intérêts personnels qui
> constituent cette République d'individus qui empêche l'émergence de
> la République d'Haïti viable et prospère. Cette République
> d'individus doit disparaître, pour que sur ses décombres, naisse la
> République d'Haïti une, indivisible, solidaire, un État assis sur la
> base de la loi et de la justice, mais aussi sur la base du travail et
> de l'effort pour le progrès économique et social.
>
> Hérold Jean-François

This article has been circulating faster than the bird-flu in a Xhinese
nail salon...ahem,...but I have a contention here: if there are
programs to invest in that will provide increased productivity later
that the foreign aid is earmarked for, what's wrong with the budget? I
have always had a problem with critics of budgets who make no analysis
of the actual budget *items*.

m.
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diggit! del.icio.us! reddit!