Copie d'un message reçu :
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James Noël : Monsieur le poète !
Dans un pays ségrégué, il fait bon dire monsieur... pour marquer le
pas, pour renvoyer l'ironie sociale. Donc, monsieur Noël, pour parler
d'un poète, pour renverser les mots (et les morts), pour secouer les
images qui sommeillent sous le poids des statues, Ã l'ombre d'une
vieille syntaxe, d'une position faussement rebelle, pour tordre le cou
aux assis, aux gribouilleurs, aux spécialistes des cabinets et des
ministères, aux fils et filles à papa, et aux ayants droit.
Je dis monsieur pour saluer l'auteur de ce recueil, qui fera date dans
l'histoire littéraire haïtienne. Pour saluer James Noël, et son
ouvrage qui porte le titre singulier Le sang visible du vitrier (1),
et qui, à la manière de son auteur, révèle l'audace des phrases et du
ton insensé des écorchés vifs. Grâce, amplitude, élan, ferveur et
puissance ! Tout cela dans un art sans concession.
« je suis celui qui se lave les mains
avant d'écrire » (p. 21)
J'aime ce travail de vitrier à la Otavio Paz, ce soin artisanal et
ludique qui façonne le geste poétique et donne à chaque expression sa
portée, son espace spatio-temporel et sa justesse. James Noël est le
poète du dire de haut vol, de l'éloquence souveraine, laconique,
révoltée et belle. Et quelle limpidité dans cette aventure qui est Ã
la fois sens, beauté, et éthique du dire et du faire ! Aussi en
exergue lit-on cet extrait d'un verset du Coran : «Je pensais toujours
qu'il me faudrait un jour rendre compte ».
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53273&PubDate=2008-01...