By Moss M. Jack
25 juillet 2008
L'experience democratique qui devait apporter a Haiti stabilite
politique,developpement economique,bonne gouvernance devient beaucoup
plus un cauchemar ou une malediction qu'une page nouvelle dans
l'histoire de ce pays marquee par deux siecles d'instabilite politique
ou coups d'etat et dictatures etaient la norme.Est-ce un passage
oblige ou un accouchement difficile?
La constitution de 1987,la plus democratique de toutes celles que le
pays ait connu selon ce que scandaient les constitutionalistes au
moment de son adoption,devient un document depasse qui n'offre pas de
solutions adequates pour cerner les questions les plus epineuses
concernant la gestion du pouvoir politique.
Synthese d'une crise de gouvernabilite
Sans que personne ne l'avait prevu,l'institution de la Primature dans
la constitution de 1987 met a nu la lutte de classes pour le controle
du pouvoir politique.Un controle clanique plutot qu'un procesus
participatif au service du bien commun.Dans un pays ou moins de 10%%
de la population controle 50%% de la richesse nationale,le pouvoir
politique se transforme en une source de gain personnel qui fait
tourner la tete jusqu'a la perfidie.
Depuis les emeutes meurtrieres de la faim en Avril 2008 qui a coute a
Jacques Edouard Alexis son poste de Premier Ministre,les analystes et
observateurs ne cessent de dire que rien n'est fait jusqu'a present
pour soulager la souffrance du peuple qui vit avec moins de $2.00 par
jour pendant que les prix des produits alimentaires continuent de
grimper.Le candidat successif au poste de Premier Ministre,Madame
Michelle Duvivier Pierre-Louis,suite a l'echec de deux autres Eric
Pierre et Robert Manuel,est prise en sandwich entre les tendances
d'ecarter les partis politiques du nouveau gouvernement et de former
un gouvernement pluriel,de coalition ou de consensus quel que soit le
nom qu'on le donne.
Le president Preval d'une part veut gouverner le pays avec ses proches
et ses amis,deputes et senateurs d'autre part ne s'entendent pas entre
eux.Les senateurs parviennent jusqu'a conditionner le vote
d'eligibilite et de politique generale du Premier Ministre designe a
la participation de leur parti politique au nouveau gouvernement.Le
vote du bloc CPP n'est pas un acquis pour Madame Pierre-Louis,mais
plutot un autre point de divergence entre les parlementaires.
Si rien n'est fait,ce scenario ambigu qui s'est produit sous
differentes formes dans le passe peut se repeter a l'avenir au
detriment du pays.Pendant que les acteurs politiques luttent entre eux
pour leur survie politique,et de surcroit,economique,le pays est
entrain de mourir a petit feu.L'autorite de l'Etat est a son plus bas
niveau,l'Administration Publique ne repond pas aux besoins de la
population.D'un cote,l'insecurite et la faim ont pousse et continuent
de pousser les uns a s'immigrer dans un pays voisin et les autres a
prendre la mer au risque de leur vie.D'un autre cote,la presence de la
MINUSTAH est de plus en plus questionable dans une societe eclatee et
mise en danger de perdre sa cohesion.La Presse qui,jadis,etait
militante,se transforme en une entite complaisante qui se range
respectueusement du cote de l'elite politique et commerciale.
A quoi sert la democratie?
Si le peuple haitien dont le pays est le plus pauvre de l'hemisphere
americain continue a elire presidents,deputes et senateurs qui ne font
que lutter entre eux pour asseoir leur pouvoir au lieu de s'occuper de
la gestion de la chose publique,a quoi sert donc la democratie?
La democratie dans son essence,doit eliminer ou tout au moins attenuer
les inegalites sociales et l'exclusion, promouvoir la libre
circulation de l'information,favoriser la libre entreprise et la
creation de richesse.
L'imperatif de l'heure devait commander les pouvoirs executif et
legislatif de s'entendre sur un plan d'urgence pour faire face a la
conjoncture et un pacte de gouvernabilite qui repose sur la stabilite
politique,la croissance economique,la bonne gouvernance,l'integration
de la societe civile et de la Diapora et une saine gestion des
finances publiques et de l'aide internationale.
Le devoir patriotique interpelle les haitiens de creer un nouveau
consensus, une nouvelle militance politique,un nouveau mouvement
social pour reformer Haiti et faire triompher la democratie.
Moss M. Jack
haitianpoliticsforum.blogspot.com
New York
Archives- Voir egalement du meme auteur:
1-Nomination premier ministerielle ou fatalite constitutionnelle:la
porte de sortie?
2-Preval:entre le silence coupable et l'amateurisme politique