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| Haiti -- Journalisme -- À propos du métier de journaliste en Haiti |
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Group: soc.culture.haiti · Group Profile
Author: AnnetteAnnette Date: Dec 30, 2007 08:53
Copie d'un message reçu :
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Ci-joints quelques textes concernant le métier de journaliste en Haïti
qui a fait l'objet d'une diatribe sur le site de l'agence
Médiamosaïque. Tout cela pour vous permettre de juger si vraiment les
deux côtés de la médaille ont été présentées.
Bonne réception et bonne lecture.
Adrien
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Expertise journalistique canadienne à l'oeuvre en Haïti
Montréal, le 25 novembre 2005 - L'Institut canadien de formation en
radiodiffusion publique de CBC/Radio-Canada et Réseau Liberté de
Montréal se sont associés pour envoyer une délégation de journalistes
chevronnés en Haïti. Ils partageront expertise et savoir-faire avec
les équipes de six médias haïtiens pendant la campagne électorale de
ce pays qui vise à choisir un président et à élire un nouveau
parlement.
Les journalistes Marc Bourgault, Marc Gilbert, André Lachance, Jean
Martin, Pierre Mignault et Derek Quinn, qui seront accompagnés de Paul
Breton de Réseau Liberté, quitteront Montréal le samedi 26 novembre Ã
destination d'Haïti, où ils travailleront jusqu'à Noël.
Les membres de l'équipe journalistique canadienne agiront à titre
d'experts-conseils et travailleront en étroite collaboration avec les
équipes de la radio et la télévision nationales d'Haïti ainsi qu'avec
celles de quatre stations privées de Port-au-Prince, soit Radio
Métropole, Radio Caraïbes, Radio Ginen et Radio Mégastar.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'un programme d'appui aux
médias haïtiens de Réseau Liberté, en partenariat avec CBC/Radio-
Canada et l'ONG Alternatives, et qui est financé par l'Agence
canadienne de développement international (ACDI).
Réseau Liberté
Situé à Montréal, Réseau Liberté se consacre depuis presque 10 ans Ã
la promotion de la liberté de la presse et à l'appui aux médias dans
les nouvelles démocraties. À ce jour, Réseau Liberté a réalisé des
projets dans quelque 20 pays en Asie du Sud-Est, dans l'ancienne
Yougoslavie, dans le Maghreb, en Afrique de l'Ouest et Centrale, au
Moyen-Orient et dans les Caraïbes.
30 -
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Pour permettre aux lecteurs de se faire eux-mêmes une idée de la
sortie d'André Lachance, < > publie son texte <
extenso>>.
Les jeunes, espoir du journalisme haïtien
Par André Lachance
Il faut être mal pris, ou singulièrement amoureux du métier, pour
songer à devenir journaliste en Haïti. C'est pourtant le lot de
quelques centaines de jeunes hommes et de jeunes femmes qui, dans tout
le pays mais particulièrement à Port-au-Prince, tentent de rendre
compte des multiples - et souvent désespérantes - réalités d'une
société qui n'en finit pas d'être la proie de ses vieux démons.
Payés 3 500 gourdes par mois - environ 100 dollars - ou dans le
meilleur des cas 5 000 gourdes (moins de 150$), les jeunes
journalistes viennent en bonne partie de la faculté des Sciences
humaines de l'Université d'État d'Haïti, où ils n'ont reçu que de
vagues cours théoriques.
Intelligents et curieux de tout, ils n'ont cependant pas toujours les
moyens de leur ambition, notamment ceux qui choisissent de travailler
dans la presse écrite, web ou papier.
Car comme toute la société haïtienne, ils vivent pour l'essentiel en
créole, ce qui les handicape fortement lorsqu'ils doivent écrire en
français, comme c'est le cas au Le Nouvelliste et au Le Matin - les
deux seuls quotidiens du pays - ou dans des sites web, tels
Alterpresse, HaïtiPress Network, Kiskeya ou Radio Métropole.
Pas étonnant que leurs textes, dont la syntaxe s'apparente plus Ã
celle du créole qu'au français, soient truffés de tournures et
d'expressions vieillottes ou nébuleuses qui en rendent la lecture
difficile, voire parfois incompréhensible.
Dans ce monde sans livres qu'est Haïti, leur méconnaissance du
français écrit n'étonne guère. Mais ce n'est pas leur seul problème,
loin s'en faut. Il leur faut en effet une bonne dose de courage pour
traiter de certains sujets sensibles comme la corruption et les gangs
armés, quand on sait ce qui est arrivé à des collègues comme Jean
Dominique, Jacques Roche ou Brignol Lindor.
D'autant plus qu'ils ne peuvent, dans les faits, compter sur l'aide de
leur employeur en cas de problème. '' L'an dernier, j'ai été blessé
dans un quartier chaud, raconte un journaliste d'un quotidien. J'ai
passé quatre jours à l'hôpital et la direction ne m'a versé aucune
compensation, rien.''
Résultat, certains jeunes journalistes succombent à la tentation de
pratiquer un ''journalisme de conférences de presse'', préférant
répondre aux convocations - souvent payantes - des ONG et institutions
étatiques plutôt que de creuser des histoires originales mais
potentiellement risquées.
L'immense majorité des nouvelles diffusées ne présente ainsi que la
version des personnes qui ont convié les journalistes à la conférence
de presse, sans qu'on entende un autre son de cloche.
Rarement les journalistes font-ils l'effort d'interviewer quelqu'un
mis en cause dans une nouvelle ou simplement capable d'expliquer sans
parti pris les tenants et aboutissants d'une problématique.
À leur décharge, il faut dire que, au quotidien, leurs conditions de
travail sont difficiles, voire misérables. Plusieurs ont faim. Dans
certains hôtels luxueux, les journalistes qui font le pied de grue
comparent les mérites des divers buffets gratuits qui accompagnent
parfois colloques ou conférences de presse.
Beaucoup ne mangent que deux ou même une fois par jour et profitent de
l'occasion pour se bourrer la panse : '' À la Villa créole, les
buffets sont bien plus gros qu'au Kinam II, dit un journaliste payé
une pitance, en lorgnant la table garnie de petits pains, de jambon et
de fromage. Mais tu ne peux en prendre qu'une fois... Au Montana, tu
peux en prendre 10 fois sans qu'on ne te dise rien!''
Sans assurance-maladie ou assurance salaire, sans même de salaire
parfois, comme cela est courant parmi la quarantaine de stations
privées de radio de l'aire métropolitaine qui incitent leurs
''journalistes'' à se dédommager à même les ''enveloppes'' versées par
les ONG internationales, ils doivent néanmoins être disponibles sept
jours sur sept.
À leur décharge, il faut dire que, au quotidien, leurs conditions de
travail sont difficiles, voire misérables. Ils doivent être
disponibles sept jours sur sept et éprouvent de grandes difficultés -
la plupart n'ont évidemment pas d'auto - à se véhiculer, à Port-au-
Prince et encore plus en province.
Le fait que les journalistes voyagent rarement à l'extérieur du pays
ne contribue pas à élargir leur vision du monde, qui se cantonne pour
l'essentiel à Haïti. Il leur est en effet pratiquement impossible
d'obtenir un visa, à moins d'être invité par une organisation
internationale.
Malgré le manque de connaissances générales et de formation, malgré
l'insécurité générale et les salaires que les journalistes qualifient
avec humour de ''caca hareng'' (très petit), plusieurs ont plus que
jamais foi dans leur métier.
Je songe notamment à ce jeune journaliste habitant Cité L'éternel, un
bidonville de la Perle ternie des Antilles, qui, chaque jeudi,
consacre 110 précieuses gourdes à l'achat du magazine Jeune Afrique
afin ''d'apprendre à mieux écrire pour rendre compte de ce que nous
vivons en Haïti''. Ce sont des jeunes journalistes comme celui-lÃ
qu'il faut aider. Ce que fait justement Réseau Liberté.
*André Lachance a été << coach >> en Haïti pour Réseau Liberté dans le
cadre du projet Médias et développement démocratique en Haïti, financé
par l'ACDI.
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(Québec-Haïti-Journalisme-Formation)
La presse en Haïti, incapable d'écrire en français, selon un
Québécois
Média Mosaïque, 12/24/2007
De notre collaborateur *Donald Jean
Montréal
Un colporteur de ragots, du nom d'André Lachance, qui prétend
connaître la presse haïtienne, s'est livré à un exercice, pour le
moins, caricatural, avilissant de celle-ci au point où il serait
injuste de ne pas rétablir les faits.
Précisons, d'entrée de jeu, que cet article de <> va
sans aucun doute lui accorder de la visibilité. Cependant, cela ne me
dérange guère, pourvu qu'un correctif en bonne et due forme soit
apporté à ses demi-vérités.
Même si nos dizaines de milliers d'internautes et d'abonnés vont
prendre connaissance de ses propos insultants, je pense que les gens
(son entourage), à qui le texte d'André Lachance était destiné,
doivent également avoir les deux sons de cloche.
Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour saisir les véritables
motivations de ce monsieur Lachance. Car, sa description biaisée et
partiale des faits, ses sources inexistantes, la généralisation qui
s'ensuit, le prouvent sans ambages.
Dans son texte, il affiche une attitude tout à fait condescendante, un
regard <>, un mépris qui frise carrément le racisme à l'endroit
de ce qui reste encore de la presse haïtienne ou du pays tout
simplement.
On peut comprendre qu'il mousse son intervention, noircisse davantage
les faits pour justifier auprès de ses bailleurs de fonds l'urgente
nécessité de subventionner ses activités dans les pays du sud ou en
Haïti notamment, mais pas de cette manière-là !
À lire André Lachance, et je me mets dans la peau de celui qui n'a que
sa version des faits pour s'informer, il n'y a que des ignares, des
incultes, des médiocres qui travaillent actuellement dans la presse en
Haïti.
Dois-je préciser, à son attention, que j'ai mes réserves aussi vis-à -
vis de l'évolution de ce métier en Haïti. Cependant, je suis outré de
prendre acte de sa généralisation facile et je ne peux admettre qu'un
prétendu <>, étranger de surcroît, puisse aller aussi loin.
J'admets que bon nombre de journalistes chevronnés aient dû laisser le
pays pour des raisons politiques ou autres et que les médias n'aient
manifesté aucune volonté de récupérer les services des ces confrères
de l'extérieur étant, cela ne justifie cependant nullement l'idée
selon laquelle, il n'y aurait actuellement que des journalistes
cancres en Haïti.
En Haïti, on écrirait du créole pour du français
Selon André Lachance, et je le cite partout où l'on voit des
guillemets dans mon texte, les journalistes haïtiens sont incapables
d'écrire en français, que ce soit dans << Le Nouvelliste et au Le Matin
- les deux seuls quotidiens du pays - ou dans des sites web, tels
Alterpresse, Haïti Press Network, Kiskeya ou Radio Métropole>>.
<>, a-t-il fait
savoir. Car, a-t-il laissé entendre, <
haïtienne, ils vivent pour l'essentiel en créole, ce qui les handicape
fortement lorsqu'ils doivent écrire en français>>.
Quelle aberration de la part d'un formateur! Si on est d'avis que
l'environnement peut influer sur la langue, je comprends pas du tout
que le fait, pour un francophone, de vivre en Alberta (où l'on parle
anglais), puisse le handicaper à écrire en français.
<
celle du créole qu'au français, soient truffés de tournures et
d'expressions vieillottes ou nébuleuses qui en rendent la lecture
difficile, voire parfois incompréhensible>>, dixit André Lachance.
Là encore, je comprends fort mal qu'un Québécois puisse accuser les
Haïtiens de la sorte! Qui n'est pas au courant, et je l'ai étudié
d'ailleurs, que le Québec, quoique avant-gardiste, demeure l'un des
endroits où, dans la Francophonie mondiale, les expressions veillottes
sont très utilisées.
André Lachance doit faire amende honorable. Il devrait, s'il était
animé d'une quelconque équité, si ses préjugés ne lui enlevaient toute
crédibilité ou objectivité, dire qu'au Québec, bon nombre de
journalistes doivent également apprendre à écrire ou à parler le
français.
S'il était honnête, il devrait dire du même souffle que les
coquilles, les fautes syntaxiques ou grammaticales sont monnaie
courante également au Québec dans les journaux, dans des sites Web, Ã
la radio ou à la télé.
Le problème, c'est qu'on a tendance à assimiler le joual, que seuls
les Québécois parlent dans la Francophonie, au français! En Haïti,
l'élite intellectuelle devrait penser à instituer <
haïtien>> qui puisse tenir compte d'une réalité propre au terroir au
lieu de continuer à calquer <>.
La formation universitaire dans sa ligne de mire
La première cible d'André Lachance est l'Université d'État d'Haïti
(UEH). Il s'est violemment attaqué à la Faculté des Sciences humaines
(FASCH) où, selon lui, <> sont formés <
grande partie>>.
Même si je dois laisser à l'UEH ou à la FASCH le soin de se défendre
vis-Ã -vis de ce condescendant, je peux cependant me permettre de
m'inscrire en faux, pour avoir été étudiant en Communication jusqu'en
3e année à cette faculté, contre son avis, à savoir que les gens qui y
sont issus <>.
André Lachance devrait faire preuve d'un peu de modestie. Car, il a eu
sans doute dans sa vie un professeur haïtien. Fait-il partie d'une
certaine frange de Québécois qui auraient aimé gommer un pan de
l'histoire récente du Québec?
Cela s'explique par le fait que bon nombre de Québécois ignorent ou
font semblant d'ignorer (car, les médias ici en font très peu écho) la
contribution de l'intelligentsia haïtienne à la Révolution Tranquille,
la masse de professeurs haïtiens qui avaient débarqué ici au milieu du
siècle dernier pour former les Québécois.
Même si je suis fier de la formation que j'ai reçue à l'Université de
Montréal (un bac de 90 crédits en Communication et Politique et un
autre de 120 crédits en Enseignement du français), je dois, malgré
tout, avouer que c'est en Haïti que j'ai acquis les outils qui m'ont
permis de briller dans ce métier.
Je suis loin d'être un narcissique, ni un patriotard, mais, en ce qui
me concerne, je ne peux laisser n'importe qui, étroit d'esprit, de
cracher son venin aussi facilement sur un pays, comme un certain Doc
Mailloux l'a fait récemment contre les Noirs qui auraient, à en croire
ce minable, un quotient intellectuel inférieur aux Blancs.
Ce qui est grave, c'est qu'André Lachance refuse de s'assumer!
J'aurais pu en <> son fameux bulletin électronique ne pas
me rendre compte de tout ce qu'il a bavé. Imaginez quel titre a-t-il
donné à son article après s'être défoulé de la sorte: <
espoir du journalisme haïtien>>!
*L'auteur de l'article, Donald Jean, est un journaliste d'origine
haïtienne. Il a oeuvré au sein de diverses rédactions en Haïti, en
Europe et au Canada.
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Le Québécois André Lachance, qui s'était rendu en Haïti pour le compte
d'une ONG dénommée <> dans le cadre d'un programme de
formation financé par l'ACDI, estime que les journalistes haïtiens
<>.
Des journalistes entre guillemets
Dans un texte qu'il a rédigé, paru dans le bulletin d'information de
l'ONG québécoise en question et dont une copie a été envoyée Ã
l'agence de presse <>, il accuse ces derniers de
<
conférences de presse">>
Selon lui, ces journalistes <
souvent payantes - des ONG et institutions étatiques plutôt que de
creuser des histoires originales mais potentiellement risquées>>.
Une <>
<
grue comparent les mérites des divers buffets gratuits qui
accompagnent parfois colloques ou conférences de presse>>, raconte
André Lachance.
Est-ce du journalisme, de la vulgarité ou de la médisance même du
personnage? Ce dernier ose, en tout cas, affirmer, et nous le citons:
<
de l'occasion pour se bourrer la panse>>.
<<''À la Villa créole, les buffets sont bien plus gros qu'au Kinam II,
dit un journaliste payé une pitance, en lorgnant la table garnie de
petits pains, de jambon et de fromage. Mais tu ne peux en prendre
qu'une fois...Au Montana, tu peux en prendre 10 fois sans qu'on ne te
dise rien!''>>, un énorme aveu que personne n'endosse véritablement.
Des patrons de presse complices
Pire encore, <> d'apprendre qu'il y en a <
quarantaine de stations privées de radio de l'aire métropolitaine qui
incitent leurs ''journalistes'' à se dédommager à même les
''enveloppes'' versées par les ONG internationales>>, propos signés du
<>.
M.Lachance révèle en ce sens que ces médias n'accordent aucune
<
parfois>>. En dépit de tout, s'indigne-t- il, ces patrons de presse
exigent que ces <> soient <
sept>>.
Selon André Lachance, encore une fois, qui n'a cité aucun responsable
de médias haïtiens, < > d'Haïti sont <
500 gourdes par mois - environ 100 dollars - ou dans le meilleur des
cas 5 000 gourdes>>.
À noter que, s'il est évident que les journalistes ne perçoivent pas
un salaire convenable en Haïti, cependant, c'est archi-faux d'affirmer
que ces derniers soient rémunérés, dans le meilleur des cas, à hauteur
de 5000 gourdes en 2007.
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