HAITI -- Écologie-- À propos de l'invasion des fourmis
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HAITI -- Écologie-- À propos de l'invasion des fourmis         

Group: soc.culture.haiti · Group Profile
Author: Annette
Date: Jul 18, 2008 14:19

Copie d'un message reçu :
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Attaque de fourmis folles

Par Jean Erich René

Depuis plus d'un an on a relevé la présence en Haïti d'une population
de fourmis folles qui dévorent tout sur leur passage : plantes et
animaux. Il y a eu mort d'homme dans le Nord, le principal point de
départ de cette invasion. Jusqu'à présent rien n'a été entrepris pour
contrecarrer la prolifération de cet insecte qui poursuit sa marche
pour remplir finalement l'espace haïtien. Cependant il y a un trait de
son mode de distribution qui soulève notre suspicion et qui mérite
sérieusement l'attention de nos dirigeants politiques. En principe on
aurait dû s'attendre à une extension géographique de proche en proche,
compte tenu de son cycle de vie et de sa mobilité. Mais ce survol du
Nord dans la Grand'Anse, le principal grenier alimentaire du pays,
sème le doute. S'agit-il d'un acte criminel visant à faire d'Haïti un
segment du marché de certains pays en pleine extension économique à la
recherche de débouchés pour sa production agricole ?

La nouvelle nous est parvenue par un quotidien de Santo Domingo "El
Nacional " qui a identifié cette fourmi folle sous le nom scientifique
de Paratrechina longicornis (Latreille), Crazy Ant en anglais,
appartenant à l'ordre des Hyménoptères et à la famille des Formicidés.
Le laxisme de nos dirigeants et l'hypothétique carence de fonds pour
mener une lutte chimique sont retenus comme les principaux critères
d'extension de la fourmi folle en Haïti, selon les Dominicains.
Quelles que soient ses origines et les raisons de sa présence elle est
notre indésirable hôte. Il ne nous reste qu'à arrêter la stratégie de
gestion pour limiter les dégâts et arriver à son extinction complète
sur le territoire national. La littérature scientifique est riche en
procédures rapides de traitement qu'il nous plait de mettre à la
portée de tous les hommes et les femmes de bonne volonté. On de doit
pas s'asseoir sur ses lauriers attendant une solution du Gouvernement.
Grenadiers à l'assaut !

La première étape consiste à dresser la cartographie de répartition de
la fourmi à partir de son point d'identification afin de prendre les
mesures préventives contre toute menace potentielle dans les zones
environnantes en circonscrivant le foyer du mal grâce à une lutte
systématique. La Paratrechina longicornis qui sème la terreur au sein
de la population de la Grande Anse n'est pas native d'Haïti. Avant
d'utiliser les moyens chimiques il importe d'évaluer les risques de
nos interventions. En voulant détruire la fourmi folle, on peut tout
aussi bien détruire le biotope et déranger complètement l'éco-système.
Une fiche d'informations doit être dressée sur le comportement de
cette espèce afin de mieux doser les gammes d'intervention et éviter
les conséquences malheureuses des effets non recherchés.

Selon les informations qui nous sont parvenues par voie de presse, le
foyer d'infestation de la fourmi folle dans la Grande Anse c'est
Marfranc. Sa proximité par rapport à Moron explique son extension
rapide vers Moron et bientôt vers Chambellan, Dame Marie et Anse
d'Hainault. De toute évidence la rivière de la Grand'Anse qui sillonne
ce Département de Palmiste Deux Têtes jusqu'à l'embouchure de
Versailles Night Club constitue un vrai rideau de protection pour les
zones environnantes. Il nous reste à savoir de quel côté de la rivière
se trouve le foyer de la fourmi folle. Dans l'hypothèse de la rive
droite on doit s'attendre à un déplacement vers Latibolière, Didon, la
Cahouanne etc. Sur la rive gauche les zones suivantes sont menacées :
Ville de Jérémie, Fond Rouge, Dayer, Cassetache, Carrefour Sanon,
Lesson etc.

Dans ces milieux à risque les retombées agricoles seront
catastrophiques sans les mesures préventives. Les populations des
zones ciblées doivent être alertées pour une mise en quarantaine des
régions vulnérables et la coordination des moyens d'extirpation
choisis. Des rencontres ponctuelles seront organisées avec les
résidents par des agents déployés dans la Grand'Anse afin de les
motiver sur les conséquences néfastes pour les jardins, les plantes,
les animaux et eux-mêmes.

La lutte chimique ordinairement initiée pour combattre les fourmis
folles, au moyen de pesticide comporte de grands risques. Elle
fragilise l'environnement par la dispersion incontrôlée des
insecticides qui détruisent la flore microbienne aussi bien que les
plantes. L'hydramethylnon dont l'efficacité est prouvée contre la
Paratrechina longicornis a des effets toxiques très élevés. D'où la
nécessité au niveau de la planification de faire des essais ponctuels
avant de l'étendre. Vu le coût élevé des insecticides nous pouvons
entreprendre une lutte sélective. Il existe des toxines spécifiques
telles que les inhibiteurs métaboliques et les neurotoxines pour les
divers membres de la fourmilière. Citons :

1.- Pour exterminer les ouvriers et les reproducteurs :

- le sulfuramide qui agit sur les tubes digestifs des termites et les
tue en les affamant dans un délai de 45 jours;

- le tétraborate décahydrate de sodium Na2B4O7 o10H2O .

2.- Pour bloquer la reproduction on fait appel aux neurotoxines telles
que :

- le méthoprène fénoxycarbe (C19 H34 O3) qui anéantit les reines par
la destruction de leur système nerveux et le blocage de leurs neurones
récepteurs, perturbe le cycle de développement de la larve

- le pyriproxyfène( en vente au Canada) qui arrête le développement
des larves, inhibe la croissance de l'adulte.

Il serait insensé de penser que les fourmis folles vont s'évaporer
dans la nature. Compte tenu de leur cycle de reproduction, elles vont
disparaître pendant un certain temps après la ponte pour reparaître en
plus grand nombre l'été et l'automne prochain. Une véritable croisade
doit être lancée contre les fourmis folles qui inquiètent actuellement
les populations du Nord et de la Grande Anse. Les Partis politiques,
les Parlementaires et la Société Civile doivent se mobiliser pour se
lancer à l'assaut de l'ennemi commun : la fourmi folle identifiée sous
le nom scientifique : Paratrechina longicornis.

Ref:Nickerson, J.C., and K.A. Barbara. 2000. Featured Creatures: Crazy
Ant; University of Florida Institute of Food and Agricultural
Sciences.
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