Catastrophe humanitaire
Haïti : 4000 sinistrés à Hinche, Aquin devenue Venise malgré elle
mercredi 10 septembre 2008
P-au-P., 10 sept.08 [AlterPresse] --- Les inondations provoquées par
les pluies qui se sont abattues sur Haïti, lors de la récente série
d’ouragans, ont fait des centaines de morts et affecté des milliers de
riverains, selon les informations parvenues à l’agence en ligne
AlterPresse.
Dans le sillage des ouragans Fay, Gustav et Hanna, des ponts
importants ont été emportés par les crues et les éboulements de
terrain, rendant des routes impraticables dans tout le pays.
David Millet, ingénieur agronome français en poste au Mouvement Paysan
de Papaye (MPP, Hinche au nord-est de la capitale) explique Ã
AlterPresse que « Hinche a été touchée par la crue de la rivière
Guayamunc (qui arrive du Nord et se jette dans l’Artibonite). »
De plus, il semblerait que dans l’un des quartiers bordant la rivière,
le niveau d’eau a atteint « jusqu’à 2 mètres par endroit. »
« Le MPP a, à lui seul, dénombré 52 familles de militants, salariés ou
sympathisants, sinistrées », souligne David Millet.
Selon lui, aucun décès n’a été signalé, mais, sur environ 4000
sinistrés, 3000 ont été accueillis dans des centres provisoires (3
écoles publiques mises à disposition) et les 1000 autres restants ont
trouvé refuge chez des parents, amis ou autres proches.
A Mirebalais, à 68 kilomètres au nord-est de Port-au-Prince, un pont
jeté sur la rivière Latem, située sur la route Mirebalais-Pont sondé,
vient de céder à cause de la pression hydrique.
Deux containers du camp de la Mission des Nations Unies de
Stabilisation en Haïti (Minustah), située à proximité, ont été
également emportés par les eaux.
« C’est très problématique, car ce pont était une alternative pour
acheminer les secours à Gonaïves, vu que la route qui relie Gonaïves
(171 kilomètres au nord de la capitale) à Port-au-Prince est coupée. »
A Aquin (Sud), les rues sont inondées et l’eau monte jusqu’à 1.50m.
« C’est très difficile d’y aller, ne serait-ce que jusqu’à Petit-Goave
», explique Carmen Gloria, une chilienne qui travaille depuis quelques
mois en Haïti.
Il reste peu de réserve alimentaire. Les habitants se déplacent en
barque, seul moyen pour approvisionner la ville en eau et nourriture.
Le pont à proximité de l’étang de Miragôane est affecté et la route
nationale n°2, qui relie Aquin à Port-au-Prince, est mpraticable,
poursuit Carmen Gloria.
A elle d’ajouter, « nous craignons que les prix des produits
alimentaires de base n’augmentent à nouveau », ce qui conduirait à une
crise de la vie chère semblable à celle qui a secoué le pays en avril
dernier. [mv vs apr 10/09/08 16:00]