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| Re: Sur l'arrestation de Radovan Karadzic. |
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Group: alt.fr.cour.penale.internationale.lahaye · Group Profile
Author: FrapanFrapan Date: Jul 30, 2008 11:47
t'es tout seul mon pov' fff à poster
aucun contradicteur, personne, niente, quel ennui non ?
"fff" alteferians.org> a écrit dans le message de news:
m37ib3nrty.fsf@alteferians.org...
28 juillet 2008
Le marché à La Haye
Sur l'arrestation de Radovan Karadzic.
Laughland John
Les leaders serbes ont conclu que Karadzic devait être sacrifié à un plus
grand intérêt national, qui, de leur point de vue, signifie l'adhésion à l'Union
européenne et à l'Otan
L'arrestation de R. Karadzic arrive presque exactement sept ans après la
première comparution de S. Milosevic au Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie
(TPIY), Ã La Haye le 3 juillet 2001. La consigne de Milosevic fut, comme
aujourd'hui celle de Karadzic, le résultat immédiat d'un changement de
gouvernement à Belgrade : tout comme l'arrestation de Karadzic a très
rapidement suivi la formation d'un gouvernement pro-européen et
pro-occidental le 8 juillet dernier, ainsi celle de Milosevic en avril 2001
fut la conséquence de la victoire du Parti Démocrate (dont le leader est Ã
présent le Président de la Serbie) aux élections parlementaires de décembre
2000.
L'arrestation démontre que le pouvoir politique est profondément inquiet
quand il est poursuivi d'un point de vue pénal : évidemment, comme avec
Milosevic, le fait que les soutiens de Karadzic aient perdu le pouvoir Ã
Belgrade a entraîné cela. Mais cette vérité s'applique aussi au TPIY. A la
fin du mois de juin, le TPIY a libéré Naser Oric, le commandant bosniaque
musulman de Srebrenica dont les forces ont utilisé la couverture de la zone
de sécurité de l'ONU pour mener de nuit des incursions contre les villages
serbes des alentours, où ils commirent de nombreuses atrocités contre les
civils. La libération de Oric est elle-même arrivée après l'acquittement, en
avril dernier, de l'ex-Premier ministre kosovar et chef de l'UCK, Ramush
Haradinaj, même si le tribunal, dans son décret, a souligné que plusieurs
témoins de l'accusation ont été mystérieusement assassinés avant de pouvoir
se rendre à La Haye pour témoigner.
De nombreux serbes, donc, seront persuadés que le TPIY a fondamentalement
une orientation anti-serbe. Mais la majorité d'entre eux a aussi été
frappée, de façon manifeste, par quinze années d'hostilités de la part de l'Occident
en général : si bien qu'ils ont probablement décidé que « si tu ne peux pas
les vaincre, alors mets-toi de leur côté » : voilà la raison pour lesquels
les Serbes ont voté pour un président proeuropéen en février, et pour un
gouvernement proeuropéen en mai. Ils, ou du moins leurs leaders, ont conclu
que Karadzic devait être sacrifié à un plus grand intérêt national, qui, de
leur point de vue, signifie l'adhésion à l'Union européenne et à l'Otan. L'inclusion
de la Serbie dans ces deux structures, qui est maintenant inévitable,
viendra compléter simplement le projet géopolitique occidental dans les
Balkans.
De ce fait, en admettant que le TPIY soit anti-serbe, le point nodal
concerne l'agenda politique du même Tribunal, à savoir la justification de
la nouvelle doctrine occidentale d'ingérence militaire et judiciaire. Selon
cette doctrine, la force militaire peut être employée contre un Etat quand
son gouvernement viole les droits de l'homme. Les Serbes sont justement le
peuple à l'égard de qui cette politique a été testée.
Pour autant qu'elle puisse avoir une grand charme de surface, étant donné
que des atrocités ont sans aucun doute été commises dans les guerres des
Balkans, l'hypocrisie de cette politique réside dans le fait que ni l'Otan
ni quelque puissance occidentale que ce soit n'a jamais tenté de recueillir
un véritable soutien international, comme par exemple avec l'élaboration d'un
traité international ou avec la réforme de la Charte de l'Onu qui,
actuellement, interdit une telle ingérence. Cette politique a tout
simplement été annoncée unilatéralement.
Aucun procès pénal de chef politique, dans l'histoire, n'a jamais débouché
sur un acquittement, en dépit du fait que la tradition remonte à ce sujet au
procès du roi d'Angleterre Charles I en 1649. Et ceci parce que la poursuite
d'un ex-souverain est un moyen pour montrer qu'un nouveau régime est au
pouvoir, et, en tout premier lieu, que l'ancien n'a jamais été légitime.
Dans le cas de Karadzic, il n'en ira pas autrement. Le TPIY commet de
nombreuses violations des plus grands principes de procédure légale pour
obtenir sa conviction, et il a en particulier élaboré une théorie de la
responsabilité tellement large qu'il est de fait demandé aux accusés de
prouver leur propre innocence contre la présomption de culpabilité. Même s'il
n'existe aucune preuve que Karadzic ait ordonné de commettre des crimes de
guerre, il sera poursuivi sur la base du fait qu'il aurait pu et du savoir.
Le TPIY se comportera de cette manière parce que l'orientation politique en
amont du procès contre Karadzic est que celui-ci, en tant que Président
serbo-bosniaque, n'était qu'un criminel ; et donc que l'intervention de l'Otan
contre les Serbes de Bosnie en 1995 représente non pas un acte d'agression Ã
la lumière du droit international mais plutôt un acte justifiable.
La logique testée dans les Balkans en 1995 et en 1999 (quand l'Otan attaqua
la Yougoslavie à propos de la question du Kosovo) a été appliquée de façon
beaucoup plus dramatique quand les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont
déclaré qu'ils avaient, seuls, le droit d'imposer des Résolutions du Conseil
de Sécurité de l'Onu à l'Irak. Cette guerre - légitimée ensuite aussi par un
processus politique- a jusqu'à présent englouti presque un million de vies
humaines et jeté une région entière dans un chaos apparemment interminable.
Le moment est arrivé pour le monde entier de réfléchir sérieusement au péril
que représente l'introduction de la loi pénale dans les relations
internationales.
*John Lauhgland, analyste politique britannique, est Directeur de recherches
à l'Institut pour la Démocratie et la Coopération, dont le siège est Ã
Paris. Son livre sur le procès Milosevic, Travesty, a été publié chez Pluto
Press en 2007.
Publié le 22 juillet 2008 par Ria Novosti,
http://en.rian.ru/analysis/20080722...
et en Italie par la revue d'études géo-poliques Eurasia ,
http://www.eurasia-rivista.org
Traduit de la version italienne (Federico Roberti) par Marie-Ange Patrizio
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